« La guerre c’est horrible ! ». Oui mais voilà…

Il y a quelques années, enseigner la guerre n’avait ni la même signification ni la même portée qu’aujourd’hui. Bien que des événements guerriers se produisent ailleurs dans le monde, ils restaient éloignés de notre réalité quotidienne, et les quelques images qui nous parvenaient ne suffisaient pas à faire de la guerre une préoccupation réelle.

Professeurs, nous avons enseigné, et enseignons la guerre, sous l’angle privilégié de la souffrance. Celle des combattants, dans les tranchées de Verdun ; des civils sous les bombardements et face aux immenses destructions ; des populations victimes de génocides comme les Arméniens et les Juifs.

La guerre, un événement historique

Cet enseignement est bien évidemment légitime mais le temps consacré aux guerres mondiales étant très limité, la guerre n’est pas envisagée comme le point d’aboutissement de tensions internationales, de rivalités de puissances, de constructions d’alliances quand bien même la mobilisation des sociétés est abordée pour faire entrevoir combien les guerres mondiales les ont bouleversées en les mobilisant ou en les traumatisant.

Dans cette optique, la Première Guerre mondiale est le point de départ d’un cheminement qui mène au sommet de la violence de masse atteint lors de la Seconde.

Ces guerres, enseignées comme des événements ayant touché une sorte d’acmé de la violence, deviennent le moment ultime d’un déchaînement destructeur jamais envisagé comme pouvant se reproduire.

La réorganisation du monde post 1945 et notamment l’avènement de l’ère atomique ont présidé à une longue période de paix pour les sociétés occidentales qui nous a fait poser, avec les élèves un regard anthropologique sur les violences des........

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