Mathieu Bock-Côté et la passion joyeuse de l’identité |
Il y a du Milan Kundera chez Mathieu Bock-Côté. Les deux essayistes ont en commun d’avoir vécu dans leur chair, plus intensément que beaucoup d’autres, la singularité culturelle du peuple auquel ils appartiennent. Pour une raison simple : des confins où ils sont nés, leur identité historique n’a jamais cessé d’être attaquée et remise en question. Ravivant, dans leurs témoignages et leurs analyses, la flamme d’une identité que d’aucuns, en France, ont préféré laisser chevroter, la tenant pour acquise ou dépassée.
L’attachement à l’identité occidentale de Kundera s’est forgé dans les années 1960, en Tchécoslovaquie, contre les tentatives de l’oppresseur soviétique de l’annihiler. Là résidait le secret de sa vigueur. À lire Le Pessimiste joyeux, publié fin avril chez Fayard, le plus allègre des chroniqueurs de CNews et du Figaro obéit, à bien des égards, à un même ressort. Sa déclaration d’amour à l’identité et à la culture française s’est enracinée au gré des coups de boutoir de « l’ogre anglo-saxon ». Celui qui, de........