Saint-Sépulcre, saint Eusèbe et Maxence Caron

N’a-t-on pas touché, là, le fond de la mauvaise foi ? Résumons. Israël est en guerre avec la République islamique d’Iran. Le régime iranien réplique en bombardant, entre autres, Jérusalem. Des missiles, ou leurs débris, tombent près du mur des Lamentations, de la mosquée Al-Aqsa et de l’église du Saint-Sépulcre. Le gouvernement israélien, dès lors, fait ce que ferait à sa place n’importe quel gouvernement responsable et, estimant qu’il n’y a pas de liberté des cultes sans sécurité des corps, interdit provisoirement l’accès à tous les Lieux saints sans exception. Arrive le dimanche des Rameaux. Le patriarche latin se présente. Un policier scrupuleux et, sans doute, trop zélé applique la règle à la lettre. Et voilà les réseaux sociaux, la presse, les chancelleries, bref la machine à indignation, qui s’emballent – et les mêmes que l’on n’avait guère entendus quand un projectile tombait à quelques mètres de l’église du Christ hurlent contre l’intolérable atteinte à la liberté religieuse et réclament le rétablissement immédiat du libre accès aux Lieux saints. Israël a beau s’expliquer, s’excuser, dissiper le malentendu. Rien n’y fait. Et c’est grotesque.

On est presque gêné d’avoir à mêler sa voix à ce concert lamentable. Et encore plus embarrassé de devoir arracher, pour cela, de précieux moments à........

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