Le roi Charles et Ubu Trump |
Je n’avais pas, a priori, de sympathie pour le roi Charles.
La seule et unique fois où je l’ai rencontré, c’était il y a trente-cinq ans, au début de l’affaire Rushdie, pour un déjeuner à l’ambassade du Royaume-Uni à Paris.
Il y avait là quelques écrivains français et britanniques de sa génération.
La conversation, inévitablement, en vint à celui d’entre nous qui venait d’être, en Iran, condamné à mort par les mollahs.
Et celui qui n’était alors que Son Altesse royale le prince Charles, prince de Galles et comte de Chester, duc de Cornouailles et de Rothesay, lâcha, sur ce ton d’humour anglais qui s’entend comme nul autre à envelopper la cruauté dans un bas ou un papier de soie : « vous savez, ce Salman Rushdie coûte quand même cher à la couronne d’Angleterre. »
Stupeur autour de la table.
Réponse du romancier Martin Amis et de moi-même sur le thème : « pouvons-nous savoir ce que coûte au contribuable britannique l’entretien du prince de Galles qui n’a, que l’on sache, pas publié grand-chose d’intéressant ? »
La presse anglaise, qui ne rate jamais une occasion de brocarder la famille royale, sera, le lendemain, plutôt de notre côté.
Et le futur roi ne sortira pas grandi de l’épisode.
Le prince de........