Juste une illusion ? |
Il y a des films qui ne racontent pas qu’une histoire. Juste une illusion, le nouveau film d’Olivier Nakache et d’Éric Toledano, est de ceux-là. En deux heures, ils ressuscitent les années 1980 avec une précision d’orfèvre et une tendresse d’archéologue. Car c’est bien d’un monde disparu qu’il s’agit.
J’ai habité ce monde, après l’exil, en 1985. C’était celui des appartements où se croisaient des accents de France, du Maghreb, d’Iran, du Portugal, du Sénégal, de Pologne, de Turquie, d’Italie, du Vietnam, de ce qui était encore la Yougoslavie. On mangeait des couscous chez les uns, des kneidler chez les autres, des pierogi chez les voisins du troisième, du riz au safran chez nous, de la blanquette de veau partout, on fêtait shabbat tous ensemble et tout Nouvel An était notre Nouvel An, le premier de l’An, Norouz, Roch Hachana, l’occasion de se retrouver et de faire la fête, et partout on était français. Pas malgré nos origines. Pas en plus de nos origines. Français, tout simplement, avec nos origines nichées quelque part entre la fierté discrète et la blague aussi affectueuse que mordante.
Nous, les enfants de l’exil........