Nous sommes tous Kamel Daoud (même ceux qui ne le sont pas)

Il est des silences qui disent l’affaiblissement de l’âme. La relative discrétion de notre monde politique et médiatique à l’annonce de la condamnation en Algérie de l’écrivain Kamel Daoud à trois ans de prison par contumace en fait partie.

Son crime ? Avoir contrevenu, avec son roman Houris (Gallimard), récompensé du prix Goncourt 2024, à l’article 46 de la « Charte pour la paix et la réconciliation nationale », instaurée à la fin de la guerre civile, qui réprime ceux qui ont l’audace d’évoquer ces événements dans un sens qui contredit le récit officiel. Une loi de censure qui punit donc ceux qui révèlent la vérité sur les massacres, pas ceux qui les ont commis… Kamel Daoud résume cette obscénité dans nos colonnes : « En ces temps, en Algérie, il vaut mieux se faire passer pour un égorgeur islamiste que pour un écrivain libre, l’égorgeur étant amnistié par la loi alors qu’on criminalise le récit. »

Ce n’est pas non plus une décision de «........

© Le Point