Le shadokisme budgétaire français
La France est un pays fascinant : plus on se rapproche du précipice de la dette, plus les forces qui nient l’existence de celui-ci progressent.
D’un côté, le nœud coulant se resserre : les rendements des obligations d’État à dix ans ont atteint au milieu du mois d’août, sans que personne ou presque ne s’en émeuve, des niveaux (plus de 4 %) inédits depuis 2008 et la crise des subprimes. Le spread – ou différentiel de taux – avec l’Allemagne est aujourd’hui comparable à celui qui avait cours lors de la chute des gouvernements Barnier puis Bayrou. Les signaux financiers sont au rouge.
De l’autre côté, les sondages n’ont jamais été aussi favorables à Marine Le Pen et, dans une moindre mesure, à Jean-Luc Mélenchon. Les jumeaux du charlatanisme économique, qui partagent les mêmes pensées magiques, en particulier à propos des retraites, n’ont jamais autant convaincu les foules. Il est d’ailleurs fort possible que les deux bouts de l’équation se rejoignent, et que la perspective de victoire du RN (dont LFI est le marchepied idéal)........
