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Changeons de shérif!

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Si Christine Fréchette remporte la course au leadership de la CAQ, comme anticipé, l’une des premières choses qu’elle devrait faire en tant que première ministre est de remplacer Simon Jolin-Barrette à titre de ministre de la Justice. 

Non pas parce qu’il appuie un autre candidat, bien entendu. Mais parce qu’il a lamentablement échoué à soutenir notre système de justice.

Comme rapporté dans Le Journal, le président de l’Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales, Me Guillaume Michaud, lance un cri du cœur. Faute de procureurs, il y a un grand nombre de criminels qui échappent complètement à la justice. C’est une honte.

LA JUSTICE, PAS UNE PRIORITÉ

On n’a pas besoin de travailler fort pour convaincre les Québécois que nos hôpitaux, nos écoles et nos routes tombent en morceaux : c’est devant les yeux de tout le monde, tous les jours de la semaine.

Mais notre système de justice est aussi en train de s’écrouler sous la CAQ. Cependant, le contact des honnêtes gens avec ce système est plutôt rare. On ne voit pas les dégâts, à moins d’être la victime d’un crime, par exemple, qui apprend que le criminel qu’elle a réussi à faire arrêter et accuser va s’échapper parce qu’il n’y a pas de procureurs disponibles pour assurer la poursuite.

Selon un sondage, Me Michaud rapporte que près de la moitié des procureurs de la Couronne ont déjà renoncé à porter des accusations criminelles ou ont abandonné des dossiers.

APPLIQUONS NOS LOIS !

L’une des choses que j’ai constatées à répétition dans ma carrière est qu’on a souvent des demandes pour avoir une nouvelle législation afin de réglementer telle activité ou tel produit.

Mais ce qu’on ne demande pas, c’est : qui va appliquer cette nouvelle loi... si on n’applique pas les lois qu’on a déjà ?

Avant de réglementer une nouvelle activité ou un nouveau produit qui fait la manchette, il faut se poser cette question de base.

Le Bureau d’enquête du Journal rapportait le cas troublant d’attestations bidon pour des cours obligatoires de premiers soins, délivrées sans gêne pour la somme de 35 $. Un cours qui doit notamment donner des connaissances de base à une travailleuse en garderie pour faire face à la crise d’allergie d’un enfant n’est jamais donné, mais la carte de « compétence », oui.

C’est le caractère effronté de l’exercice qui frappe l’imaginaire. On fait ça à visage découvert, tranquillement convaincu que personne ne va jamais appliquer la loi !

LA JUSTICE EST AUSSI UNE GRANDE PRIORITÉ

Nous vivons dans une démocratie. Nous sommes chanceux, car c’est la minorité des pays du monde qui sont réellement démocratiques.

Le fondement de cette démocratie, c’est la primauté du droit. C’est la loi qui gouverne les relations que nous entretenons les uns envers les autres, et personne n’est au-dessus des lois.

Si on n’applique pas les lois, on fragilise cette fondation et notre démocratie, et nos libertés sont alors en péril.

C’est sérieux. Mais la justice n’est pas considérée comme une priorité au Québec. Il faut que ça le devienne, et un nouveau gouvernement peut le faire.


© Le Journal de Québec