Washington ou l’art de recycler la réalité

Dans la capitale américaine, même une fusillade ne reste pas une simple fusillade. L’attaque perpétrée lors du souper des correspondants de la Maison-Blanche était au cœur de toutes les conversations cette semaine. Un geste grave, rarissime dans ce contexte et qui demeure partiellement inexpliqué. On aurait pu espérer, pendant quelques heures, un moment de recueillement national, une pause. Ici, ça ne dure jamais.

À peine l’enquête commençait-elle que la présidence tissait un lien entre l’attentat et ses adversaires politiques. Un raisonnement simple, simpliste même : la rhétorique des démocrates nourrirait cette violence. L’action d’un individu est soudainement devenue la conséquence d’un climat créé par l’opposition. La machine de propagande était lancée.

Dans les heures qui ont........

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