Appel à la transparence

Le Port de Québec a réussi un grand coup, vendredi, en obtenant la désignation comme terminal de conteneurs international. La balle est maintenant dans le camp de QSL, qui doit s’assurer de faire preuve de transparence pour son projet.

L’un des principaux ennemis du défunt projet Laurentia, qui faisait transiter 700 000 conteneurs par année au port de Québec, fut sans contredit le manque de transparence.

L’ancien PDG du Port, Mario Girard, avait lui-même reconnu qu’il y avait eu des failles sur le plan des communications pour le projet.

Les activités du port de Québec, qui se trouve à proximité de Limoilou où la qualité de l’air fait l’objet de grandes préoccupations, soulèvent toujours beaucoup de questions et d’inquiétudes.

Pour ce nouveau projet, le nombre de conteneurs a été réduit « jusqu’à 200 000 » et il n’empiète plus sur le fleuve Saint-Laurent. QSL entend en effet réaménager des terrains qu’il possède déjà.

Mais c’est à peu près tout ce qu’on sait, car jusqu’à maintenant, le projet n’a encore jamais été présenté publiquement par QSL.

L’entreprise prétend que son projet « contribuera à réduire la circulation terrestre des marchandises et les émissions de GES associées au transport ».

N’empêche, il faudra appuyer ces prétentions à l’aide de données probantes. De nombreux groupes s’inquiètent des impacts, notamment sur la qualité de l’air et le bruit.

Dans une action concertée, la Table citoyenne Littoral Est, RDV Limoilou, plusieurs conseils de quartiers de Québec et l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME) se sont inquiétés vendredi du fait que ce soit le Port qui mène l’exercice d’évaluation d’impact environnemental.

Ces groupes, appuyés par le député solidaire Etienne Grandmont, réclament « un processus indépendant, équitable et rigoureux sur le plan scientifique ». M. Grandmont affirme pour sa part que les dés sont pipés.

La PDG du Port, Olga Farman, a rétorqué que le processus serait rigoureux, mais les groupes craignent que l’administration portuaire agisse comme « juge et partie ». Le projet échappe en effet au Processus d’évaluation d’impact du Canada, qui avait rejeté Laurentia. Le Processus d’évaluation et d’atténuation des impacts (PEAI) mis en place par le Port en 2025 permet toutefois de répondre aux exigences réglementaires et prévoit un processus de consultation.

Il faut par ailleurs parvenir à trouver un juste milieu afin que le port, acteur économique majeur pour la région de Québec, puisse poursuivre son développement. Il représente en effet un atout stratégique majeur dans un contexte difficile avec les États-Unis, principal partenaire économique et commercial du Canada. La firme AVISEO a calculé des retombées de 60 M$ pour le projet de QSL.

Puis, la souveraineté des chaînes d’approvisionnement doit être assurée et le port peut largement y contribuer. QSL est une entreprise québécoise, dont la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) est actionnaire depuis 2024.

Mais les préoccupations citoyennes et environnementales doivent être entendues et le promoteur de ce projet de terminal doit y répondre.

QSL entend déposer son projet dans quelques semaines et rencontrer les médias à ce moment-là. Il doit éviter de commettre les mêmes vieilles erreurs et faire preuve d’une transparence exemplaire.


© Le Journal de Québec