Quelques leçons d’une guerre inutile et insensée |
La guerre enclenchée par Donald Trump en Iran est un gâchis monumental, tout comme sa présidence qui dépasse déjà les prévisions les plus pessimistes.
Chaque jour que cette guerre se prolonge et que s’accumulent les pertes humaines et les conséquences économiques catastrophiques (sauf pour la Russie de Poutine), il devient de plus en plus évident qu’elle ne tient qu’aux caprices d’un président narcissique et mégalomane.
Déjà, on peut en tirer quelques leçons.
Les vertus de la délibération
Les pères fondateurs américains ont fait preuve de grande sagesse en confiant au Congrès, l’assemblée des représentants du peuple, le soin de déclarer la guerre. La décision politique la plus grave qui soit, dans leur esprit, ne pouvait pas être prise par un autocrate guidé par ses seules impulsions, sans comptes à rendre à personne.
Quand la guerre est un choix, si on prend la souveraineté du peuple au sérieux, il faut laisser au processus de délibération démocratique la chance de faire émerger un consensus par la voix des élus, si faillibles soient-ils. Ici, la volonté du peuple est claire : il ne veut pas de cette guerre.
Comme cette guerre a des répercussions globales, il aurait aussi été normal que les États-Unis mettent leurs alliés dans le coup avant de déclencher les hostilités.
En l’absence de délibérations internes ou externes, cette guerre ne peut être considérée que comme le geste impulsif de deux autocrates – Nétanyahou et Trump – qui agissent sans égards aux conséquences, anticipées ou pas, de leurs actions.
Les experts n’ont pas toujours tort
Il est impossible que Trump n’ait pas été informé que les chances de mettre en place à Téhéran un régime fantoche comme au Venezuela étaient pratiquement nulles et que l’Iran, même affaibli, pourrait infliger des pertes immenses à l’économie mondiale en bloquant le détroit d’Hormuz.
Mais Trump préfère se fier à son instinct. Il prétend que cette guerre sera terminée « quand il le ressentira dans ses os ». Bien sûr, les apologistes de Trump diront que ceux qu’ils appellent dédaigneusement les « essperts » ont parfois mené les États-Unis à s’embourber dans des conflits sans issue.
Peut-être, mais est-ce mieux de confier des décisions de cette ampleur à un vieillard ignorant, narcissique et impulsif ? Est-il vraiment prudent de remplacer des diplomates expérimentés par le gendre du président et son partenaire de golf, qui nagent dans les conflits d’intérêts ?
Les experts n’ont pas toujours une vision parfaitement claire de l’avenir, mais au moins, si on les prend au sérieux, on a des chances de prendre des décisions minimalement justifiables.
La guerre n’est pas un jeu
À voir aller Donald Trump et son « secrétaire de la Guerre » Pete Hegseth, on a l’impression que cette guerre est une espèce de jeu vidéo entre adolescents en mal de sensations fortes.
Cette attitude est malheureusement partagée par un grand nombre de leurs partisans, qui se délectent de voir les commentaires et les mèmes grotesques disséminés par l’administration Trump.
Dans ce contexte, le refus des alliés traditionnels des États-Unis – dont le Canada – de s’associer à cette guerre insensée, même s’ils doivent en subir une bonne partie des conséquences, est la seule politique raisonnable.