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En Hongrie, le régime Orban pourrait tomber

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La signification du choix que les Hongrois feront aux urnes ce dimanche dépassera de loin les frontières de ce pays d’Europe centrale.

Pour les nationalistes conservateurs, le premier ministre Viktor Orban et son parti, Fidesz, symbolisent la résistance à la globalisation, au libéralisme, à l’immigration et au wokisme.

Ses critiques déplorent toutefois qu’en 16 ans de pouvoir, ce leader populiste autoritaire ait presque complètement étouffé la jeune démocratie hongroise et fait de son pays le champion de la corruption en Europe, entre autres distinctions.

Les choses pourraient changer.

Un leader autoritaire talonné

À quelques jours des élections du 12 avril, les sondages donnent l’avance au nouveau parti de centre droit Tisza, dirigé par Péter Magyar. Jeune et charismatique, Magyar est un ancien allié d’Orban qui entretient une rancune personnelle contre Fidesz et qui profite d’une vague d’insatisfaction contre le régime en place.

C’est le premier défi sérieux d’Orban, dont le nationalisme conservateur, le culte de la personnalité et la mainmise sur les institutions médiatiques et juridiques sont devenus le modèle à suivre, notamment pour Donald Trump et son culte.

Orban, Trump, Poutine : même combat

Le régime Orban incarne la vision trumpienne de l’Europe. Pas étonnant, donc, que Trump ait accordé un appui enthousiaste à son alter ego hongrois et envoyé son vice-président faire campagne avec lui à moins d’une semaine du vote.

Alors que l’identification des partis d’extrême droite à Trump devient de plus en plus toxique des suites de sa guerre catastrophique en Iran, ces élections seront donc un test important pour une Europe dont les racines libérales sont remises en question.

Le vice-président Vance n’est pas le seul à s’immiscer dans cet événement. Vladimir Poutine s’efforce lui aussi de soutenir son meilleur allié au sein même de l’Union européenne et de l’OTAN. En plus de l’approvisionner en énergie, la Russie alimente la Hongrie en propagande.

Orban ne se gêne pas pour porter le message de Poutine : sur les affiches et les réseaux sociaux de sa campagne, il a fait du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le Bonhomme Sept Heures par excellence.

Des résultats attendus partout

Les élections de dimanche auront donc des répercussions bien au-delà des frontières de ce pays de dix millions d’habitants.

Pour les Ukrainiens qui résistent à l’invasion russe, le départ d’Orban serait une excellente nouvelle, car cela débarrasserait l’OTAN et l’Union européenne d’un trouble-fête au moment où le désengagement des Américains rend la solidarité européenne d’autant plus cruciale.

Pour ceux qui croient encore à la démocratie libérale et à l’État de droit, il y aurait de quoi se réjouir de la défaite d’un régime devenu le symbole de « l’autoritarisme compétitif ». Mais ce ne serait qu’une étape avant le vrai test : les États-Unis.

Finalement, alors que le Québec s’apprête à replonger dans le débat national, ceux qui croient encore à l’héritage démocratique de René Lévesque pourraient aussi se réjouir d’une telle défaite. À l’inverse, une victoire d’Orban renforcerait certaines des voix les plus stridentes de la droite nationaliste, qui partagent une bonne partie de son idéologie et qui ne se sont jamais clairement prononcées contre son régime autocratique.


© Le Journal de Québec