Québécois, nous avons intérêt à sortir du pétrole |
La guerre en Iran et le nouveau choc pétrolier en cours devraient nous rappeler ceci : nous avons intérêt, nous, Québécois, comme individus et comme collectivité, à sortir du pétrole.
Ou réalistement parlant : à diminuer notre dépendance.
Nous ne sommes pas ici dans un débat idéologique. Ni même environnemental.
Nous sommes ici dans le calcul rationnel de nos intérêts proprement québécois.
Depuis quelques jours, les politiciens québécois rivalisent de promesses « plasters » pour diminuer le prix à la pompe. Fin de la TVQ ? Redistribution d’argent ? Diminution de l’immatriculation ?
Bien séduisant, certes.
Mais peut-on penser à long terme ?
L’intérêt pour le Québécois ? On est tous individuellement à découvert face au sursaut du marché pétrolier. En banlieue ou en région, ou plus pauvre, vous en subissez encore plus les effets.
Dès lors, chaque solution qui permet une alternative aux déplacements en automobile réduit cette vulnérabilité.
L’intérêt pour les Québécois ? Puisque notre pétrole est importé, notre consommation est une fuite de notre richesse vers l’extérieur du Québec.
On sort notre argent de chez nous, différemment dit.
À l’inverse, toute consommation d’électricité, produite par notre hydroélectricité, est de l’argent qui demeure et circule dans notre économie. Cela génère des revenus, soutient l’emploi, soutient les PME, et avantage notre balance commerciale.
C’est aussi une différence que nous avons avec le reste du Canada, qui a intérêt économiquement à la production pétrolière.
Le Québec, non. Nous avons intérêt à diminuer notre consommation de pétrole là où nous le pouvons, dans les transports et certaines de nos industries, pour notre propre indépendance.
Aller dans cette direction, c’est continuer l’héritage avant-gardiste dont René Lévesque a fait preuve en nationalisant notre hydroélectricité, et que Robert Bourassa a consolidé par les grands barrages.
Par-delà les petites mesurettes des uns et des autres pour diminuer momentanément le prix de l’essence, c’est de cette façon « québécoise » que nous pouvons analyser la guerre en Iran.