La Cour suprême contre la démocratie québécoise |
Nous y sommes : la loi 21 est désormais devant la Cour suprême.
Les deux camps fourbissent leurs arguments juridiques. La laïcité québécoise est-elle compatible avec la Constitution canadienne ? Les uns le croient, les autres non.
La loi 21 sortira-t-elle de là en un morceau, abîmée, mutilée, en charpie ?
L’essentiel est ailleurs, pourtant : quelle que soit leur décision, c’est la Cour suprême qui décidera si nous sommes en droit de faire collectivement le choix de la laïcité.
Autrement dit, les Québécois auront eu beau délibérer pendant plus d’une décennie pour en arriver à faire le choix de la laïcité, en dernière instance, si les juges d’Ottawa n’en veulent pas, ils pourront l’anéantir.
Nous ne sommes pas maîtres de notre avenir et des paramètres de notre vie collective. Le Canada n’est pas une démocratie.
C’est un pays qui piétine la souveraineté populaire, officiellement pour contenir la « tyrannie de la majorité ». Dans les faits, il légitime la tyrannie des minorités, et plus particulièrement, l’installation de l’islamisme conquérant qui instrumentalise les droits pour faire sa loi.
Pour la même raison, il piétine la souveraineté parlementaire, qui était pourtant au cœur de sa tradition. Nous votons pour des représentants impuissants.
Le peuple n’est pas souverain au Canada – et au Québec encore moins.
Il est dominé par une constitution avec en son cœur une Charte des droits traitée comme un texte sacré, interprété par des juges grands prêtres, qui se permettent de commander la société, de la reconstruire, sans en avoir reçu le mandat.
Ils maquillent cette structure autoritaire derrière la référence à l’État de droit, un concept qui n’a plus rien à voir aujourd’hui avec la défense des libertés publiques, et tout à voir avec une forme nouvelle d’autoritarisme.
Le gouvernement des juges doit être combattu, enfin, et la clause nonobstant permet cette bataille. Elle est devenue le symbole de la démocratie.