Festival des déclarations contradictoires de Trump
Trois jours après avoir attaqué l’Iran, Trump déclarait avoir gagné la guerre. Dans les semaines suivantes, il a alterné entre répéter que la guerre est déjà gagnée et promouvoir une intensification des frappes. Mêlant.
À la base, l’offensive sur l’Iran devait être motivée par la menace que représentait le développement de l’arme nucléaire par les Iraniens. Pourtant, en juin dernier, il avait affirmé que l’opération Midnight Hammer avait oblitéré (oui, oui, oblitéré) leur programme nucléaire. Il soutenait alors que l’Iran ne représentait plus une menace nucléaire.
Visiblement, c’était faux, puisqu’en février dernier il a justifié cette nouvelle offensive majeure, une guerre, sur la base de la même crainte. Il a dit s’inquiéter que l’Iran puisse avoir une bombe nucléaire « très bientôt ».
Aujourd’hui, il redit que le programme nucléaire iranien est anéanti. Faut-il le croire sur parole cette fois-ci ?
Puisqu’on parle des raisons de partir en guerre, officiellement il y en avait une autre : faire tomber le régime des mollahs pour libérer le peuple. Là-dessus, Trump visait juste. Durant les manifestations de décembre et janvier, ce sont des milliers, voire des dizaines de milliers d’Iraniens qui ont été tués parce qu’ils contestaient ce régime sanguinaire.
Certains ont trouvé la mort dans les opérations violentes de répression des manifestants. D’autres ont été froidement exécutés par les bourreaux du régime théocratique. Personne n’aurait pleuré de voir tomber ces dirigeants corrompus qui financent le terrorisme et martyrisent leur propre population.
Le problème, c’est que quelques semaines plus tard, Trump parle de détruire les ponts, les voies ferrées et les installations énergétiques. Oh ! Voilà qui change l’histoire assez radicalement. Plutôt que de libérer le peuple, le même Donald Trump parle maintenant de le plonger dans le noir et de le priver des approvisionnements essentiels.
Aucun sujet n’aura amené plus de déclarations contradictoires que la réouverture du détroit d’Ormuz. Rapidement après sa fermeture, Trump faisait de son déblocage une priorité. À un point, il s’est fait rassurant en affirmant que le détroit pourrait facilement être libéré en quelques heures.
Puis tout à coup, il avait besoin d’aide. Il a appelé à la rescousse une liste de pays, en plus de l’OTAN, pour participer à une opération conjointe dans le détroit. Aucun pays n’a répondu à l’appel, plusieurs soulignant n’avoir jamais été consultés pour lancer cette guerre.
Vers le 21 mars, ce n’était plus nécessaire ni urgent. Les États-Unis pouvaient mettre fin à la guerre sans rouvrir le détroit d’Ormuz. Nous avons été nombreux à nous étouffer ce jour-là.
Quelques jours plus tard, il a renvoyé la balle aux pays comme la France et le Royaume-Uni, qui utilisent beaucoup de pétrole du Golfe. « Allez l’ouvrir, le détroit ! »
Finalement, il a lancé une série d’ultimatums avec des menaces extrêmes pour exiger sa réouverture. Tout cela dans un mois.
La sagesse serait sans doute de ne plus donner de poids à son propos. Sauf qu’il est président des États-Unis...
