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Arrêtons la folie des longs bulletins de vote

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25.03.2026

Nous sommes chanceux de vivre dans un pays démocratique. Pourtant, un groupe de pression attaque ce droit fondamental au Canada.

Avec déjà 48 candidats inscrits à l’élection partielle du 13 avril, Élections Canada a dû modifier en urgence la manière de voter : plutôt que de cocher un nom, les électeurs devront désormais l’écrire eux-mêmes sur un bulletin vierge.

Cette situation absurde n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une stratégie délibérée d’un groupe militant qui cherche à allonger artificiellement les bulletins pour dénoncer le système électoral.

Le problème, c’est que cette forme de « protestation » se fait aux dépens des citoyens ordinaires.

Un bulletin interminable – ou pire, un bulletin qu’on doit à remplir à la main – complique le geste le plus fondamental de notre démocratie. Il augmente les risques d’erreurs, ralentit le dépouillement et peut décourager certains électeurs, notamment les plus vulnérables.

On est loin d’un progrès démocratique. On est dans l’obstruction.

Certains diront que ces candidatures sont légitimes, que la loi le permet. C’est vrai.

Mais tout ce qui est légal n’est pas forcément souhaitable. Lorsqu’un mécanisme est détourné pour générer de la confusion plutôt que du choix réel, il faut avoir le courage de le dire : cela ne sert pas la démocratie.

Rappelons que cette élection partielle survient déjà dans un contexte fragile, après l’annulation d’un scrutin remporté par une seule voix à cause d’une erreur administrative. La confiance du public est précieuse. La transformer en expérience kafkaïenne est une faute.

La solution n’est pas de blâmer les électeurs ni même Élections Canada, qui s’adapte comme il peut. Elle est politique. Il faut revoir les règles de mise en candidature pour éviter ces dérives.

Une démocratie saine repose sur des choix clairs, pas sur des bulletins interminables.

Il est temps de mettre fin à cette mascarade.


© Le Journal de Québec