Les couples infertiles méritent mieux |
Les couples infertiles vivent déjà une situation très difficile, et n’ont certainement pas besoin que le gouvernement du Québec leur mette encore davantage de bâtons dans les roues par rapport à leur rêve d’avoir un enfant.
Laissez-nous fonder une famille avant qu’il ne soit trop tard ! Tel est essentiellement le cri du cœur lancé dans nos pages, mercredi, par Natalia Cristancho-Mercado et son mari, Michel Jalbout.
Le couple modèle, originaire de Colombie et qui vit au Québec depuis 10 ans, a tenté d’avoir un enfant durant des années. Le temps filant, il a décidé de se tourner vers l’adoption internationale... pour découvrir que la démarche était impossible au Québec depuis un an et demi.
Mme Cristancho-Mercado et M. Jalbout implorent donc le gouvernement de relancer le programme d’adoption internationale. Et leur histoire vient lever le voile sur une réalité à laquelle se butent très certainement de nombreux autres couples québécois.
Lourde de conséquences
C’est que depuis un an et demi, Québec a décidé de mettre ce programme sur pause.
La raison était louable. Elle consistait à s’assurer d’un processus sécuritaire pour les enfants, et à minimiser les risques d’échec d’adoption, qui conduisent à de nouveaux abandons pour les enfants.
De nombreux endroits dans le monde, comme la France, le Danemark et la Norvège, ont aussi mené cette réflexion et ont révisé leur cadre dans l’intérêt supérieur de l’enfant, comme le veut la Convention de La Haye, à laquelle adhère le Québec.
Soit. Mais comment expliquer qu’au Québec, le moratoire persiste après 18 mois, sans trop que l’on connaisse l’état d’avancement de la révision ?
Cette mise sur pause, faut-il le préciser, s’avère très lourde de conséquences pour des gens désireux d’adopter, comme c’est le cas pour le couple Cristancho-Mercado et Jalbout.
Parcours du combattant
Très sensible à ces questions pour avoir elle-même vécu le parcours du combattant, la députée Marwah Rizqy, qui a eu recours à la fécondation in vitro pour ses deux enfants, a dénoncé l’inaction du gouvernement.
Dans une lettre ouverte publiée dans nos pages récemment, la députée dénonçait aussi que le remboursement des traitements pour l’infertilité repose sur le bon vouloir des politiciens.
Même si c’est considéré comme une maladie, les couples infertiles doivent en effet se ruiner, au Québec, pour avoir recours à des traitements de procréation médicalement assistée (PMA).
Un seul traitement est actuellement remboursé, a rappelé la députée, si bien qu’il en coûte en moyenne entre 10 000 et 40 000 $ pour chaque bébé.
C’est considérable, et cela s’inscrit de plus dans le cadre de démarches très éprouvantes sur les plans physique et psychologique.
Quant aux possibilités d’adopter un enfant né au Québec, les délais s’avèrent très longs et rendent l’option peu intéressante pour le couple qui approche de la quarantaine.
Mme Rizqy se dit convaincue que le dossier de révision du programme d’adoption internationale a atterri dans la filière 13. Elle estime que réviser des règles ne devrait pas prendre autant de temps.
La députée a tout à fait raison de s’insurger. Le gouvernement n’a pas le droit de se traîner les pieds dans un dossier aussi significatif.