Le port, un atout majeur pour Québec

Le contexte géopolitique et l’incertitude dans laquelle est plongé le monde depuis la réélection du président américain Donald Trump viennent réaffirmer l’importance majeure du port de Québec pour l’économie de la grande région et la capitale nationale.

À l’occasion de la première conférence annuelle du port, jeudi, la PDG du port, Olga Farman, a voulu discuter de cette position stratégique du port, qui est indéniable.

Cinquième plus important au Canada, il est aussi le dernier port en eau profonde du corridor Saint-Laurent, où transitent 26 millions de tonnes de marchandises, d’une valeur commerciale de plus de 15 milliards.

Le port doit pouvoir continuer d’être un poumon pour l’économie de Québec, a statué Kim Thomassin, première vice-présidente et cheffe, Québec, à la Caisse (nouveau nom de CDPQ).

Or tarifs et guerres commerciales se sont invités en 2025 et feront encore partie du paysage en 2026, ce qui représente en contrepartie une opportunité extraordinaire pour l’industrie maritime, a résumé Jean-Pierre Lessard, PDG d’Aviseo.

M. Lessard a rappelé que le chantier de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, le plus important de l’histoire de Québec, arrive à échéance. Il a souligné l’importance de projets comme celui de terminal de conteneurs de QSL et du plan d’investissement de 1,7 milliard sur 10 ans du port pour rénover des quais nettement désuets, pour donner un nouveau souffle à l’économie régionale.

Or tant QSL que le port attendent des décisions du fédéral pour aller de l’avant. Ce dernier doit désigner le port de Québec pour qu’il puisse accueillir un terminal de conteneurs. QSL pourra ensuite déposer son projet au port, lequel pourra enclencher le processus d’évaluation environnementale.

Il semblerait que la première étape soit imminente, selon le PDG de QSL, Robert Bellisle. Le processus d’évaluation devrait durer quant à lui entre huit mois et un an.

Quant au plan d’investissement du port, la PDG réclame un milliard au fédéral pour rénover des quais nettement désuets, dont une partie s’est d’ailleurs effondrée en début d’année.

La région a besoin que le fédéral bouge, et le fédéral doit faire ses devoirs, a eu raison de rappeler le ministre Jean-François Simard, responsable de la Capitale-Nationale.

Ces dernières années, l’administration portuaire a entrepris un virage sur le plan des communications. Depuis la nomination de Mme Farman comme PDG, la transparence est mise à l’avant-plan et les liens et la collaboration avec les différents acteurs, incluant les citoyens, se sont renforcés.

Une vision Ville-Port 2026-2035 a d’ailleurs été adoptée jeudi, afin d’orienter les priorités. Parmi celles-ci, la volonté de réduire la vitesse et d’exercer un contrôle accru des véhicules lourds qui circulent dans le Vieux-Port.

Cette vision inclut aussi l’ouverture prochaine d’une antenne de l’Association internationale ville et ports (AIVP) à Québec, qui vise à encourager les partenariats et le réseautage, éléments cruciaux dans l’industrie maritime.

Ce repositionnement du port n’est pas banal, de la part d’une organisation qui était un temps réputée pour son opacité, ingrédient parfait pour susciter la méfiance.

J’en déduis que cette collaboration renforcée viendra certainement faciliter la réalisation de futurs projets, comme celui du terminal de conteneurs QSL.

Il était fort intéressant d’entendre, jeudi midi, le PDG de QSL, Robert Bellisle, parler de l’importance de son projet de conteneurs dans le contexte actuel.

À première vue, ce dernier devrait bénéficier d’une meilleure acceptabilité que les précédents, Beauport 2020 et Laurentia, qui dans ce dernier cas impliquait l’allongement de la ligne de quai dans le fleuve et provoquait une guerre Québec-Montréal. Cette fois, une collaboration entre les ports est envisagée.


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