Les 5 plus grands échecs de la CAQ |
Ma dernière chronique portait sur ce que furent, selon moi, les meilleurs coups de la CAQ depuis 2018.
Voici ses échecs les plus retentissants à mon avis, bien que je ne doute pas de la bonne volonté des gens concernés.
Il faut toujours juger à la lumière des ambitions affichées.
La CAQ se voulait l’équipe de la saine gestion, de l’efficacité et de la prospérité.
1. FINANCES PUBLIQUES
« On laisse la maison en ordre », disait François Legault.
Non, la CAQ avait hérité d’un surplus budgétaire en 2018-2019 et a vidé les coffres.
Certes, nous avons eu la pandémie, Trump, les conventions collectives, la baisse relative (en pourcentage du PIB) des transferts fédéraux et des dividendes des sociétés d’État, etc.
Le gouvernement est cependant resté sur le pilote automatique, sans vraiment revoir ses façons de faire.
Ce sera extraordinairement difficile pour le prochain gouvernement.
Le virage numérique à la SAAQ coûtera au-delà de 1,1 milliard $ et a dépassé ses estimations d’au moins 500 millions $.
La direction des opérations ne donnait l’heure juste ni aux élus ni aux administrateurs.
Le conseil d’administration a choisi de mettre le couvercle sur la marmite pour ne pas embarrasser le gouvernement caquiste à la veille des élections.
Les ministres Caire et Guilbault ont fini par admettre qu’ils savaient que ça ne tournait pas rond du tout. Le ministre Bonnardel a soutenu qu’on lui avait menti.
Un gâchis monumental.
Il faut cependant admettre que les projets informatiques sont un cauchemar pour tous les gouvernements du Québec depuis des lunes.
Le gouvernement a peu d’expertise interne. Il est à la merci de firmes externes qui en profitent.
3. AIDE AUX ENTREPRISES
Un gouvernement peut aider les entreprises de différentes manières : fiscalité avantageuse, formation de la main-d’œuvre, routes de qualité, etc.
La CAQ a plutôt misé sur des aides financières directes en utilisant le Fonds de développement économique (FDE).
Pierre Fitzgibbon pensait avoir un don de clairvoyance qui lui permettait de voir mieux que le marché quelles entreprises seraient des chevaux gagnants.
Notre collègue Michel Girard dévoilait l’automne dernier que le gouvernement avait dû injecter plus de 5 G$ en six ans dans le FDE pour couvrir les mauvais placements et les pertes.
Cet échec me reste complètement en travers de la gorge.
Il est illusoire d’espérer améliorer l’accessibilité tant que le statut des médecins dans notre système ne sera pas revu.
Le paiement à l’acte leur permet de combiner les avantages de l’entrepreneur et les avantages du fonctionnaire.
Le médecin facture selon son bon vouloir et l’État paie.
L’échec de la CAQ a vraisemblablement fermé cette porte pour le prochain gouvernement.
Les sommes colossales qu’il faudra verser aux médecins n’étaient pas non plus prévues.
La troisième voie selon l’évangile caquiste, c’était d’obtenir de nouveaux pouvoirs pour le Québec au sein du Canada.
Nommez-moi un seul gain important et durable.
Les caquistes y croyaient-ils vraiment ? Ce ne fut jamais une vraie priorité.