menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Apocalypse climatique: du gros niaisage

19 0
13.03.2026

J’étais en quatrième secondaire. J’habitais à Québec.

On annonce une mégatempête de neige.

L’école est maintenue. L’école était toujours maintenue à cette époque.

À la fin de la journée, je prends l’autobus pour rentrer à la maison.

La tempête fait rage. Une vraie de vraie.

Un extraordinaire film d’aventures. J’ai le nez collé à la vitre.

L’autobus avance comme il peut.

Arrive un moment où le chauffeur se tourne vers nous et dit : « On ne peut plus avancer, tout le monde descend ».

J’essaie de marcher. Je ne vois pas 10 pieds devant moi.

Je me sens comme Omar Sharif dans Docteur Jivago, seul sur la steppe, balayé par des rafales violentes.

Je frappe à une porte : « Madame, est-ce que je peux m’abriter chez vous en attendant que ça se calme ? »

Elle m’accueille. Je revois l’énorme meuble stéréo dans le salon, avec la télé encastrée et le tourne-disque.

J’aperçois des vinyles d’Elvis Presley. Je me dis : « S’ils aiment Elvis, je suis chez du bon monde ».

Je donne les notes maximales aux gens qui aiment le King (et Clint Eastwood).

Au téléphone, mon père me dit : « Tu restes là jusqu’à ce que ça se calme, je vais te chercher après ».

Le surlendemain, nous avons apporté un gâteau à cette famille pour la remercier.

Je veux bien croire qu’il y a encore des gens sans électricité, mais que nous disent les médias ?

Ben, finalement, la tempête fut moins pire que prévu.

C’est toujours moins pire que prévu, puisqu’on nous annonce chaque fois l’apocalypse, avec un extra de pepperoni.

Les employeurs disent : restez chez vous, faites du télétravail.

Les autorités scolaires, qui ont peur de tout, annulent les classes.

Les médias alimentent un climat de fin du monde.

Et on déplore ensuite que les enfants soient anxieux, gavés de pilules, incapables de sortir des jupes de leur mère !

Hey, on ne parle pas ici d’un virus mortel !

On ne parle pas d’un bombardement !

Il n’y a pas d’attaque de zombies !

On parle d’un phénomène climatique parfaitement naturel pour un pays nordique !

Cet alarmisme complètement démesuré est ri-di-cu-le.

Tous exagèrent et, après, on se demande pourquoi les gens font moins confiance aux médias et aux institutions.

Évidemment, nous sommes dans une société où de jeunes médecins arrêtent de pratiquer le vendredi à midi pour soigner leur « santé mentale ».

J’étais invité au congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (ce que je ne suis pas).

Un panéliste pontifiait sur l’importance pour un jeune journaliste de soigner sa « santé mentale ».

J’ai laissé tomber que s’il avait des problèmes avec le stress, il devrait changer de métier.

Un organisme recommandait récemment aux directions d’école d’imposer le port du casque aux enfants si la butte de neige dans la cour dépasse une certaine hauteur.

La « moumounisation » de nos sociétés est pitoyable, pathétique, risible, méprisable.


© Le Journal de Québec