La politique de «partenariat» de Fréchette
Devant son Conseil des ministres, Christine Fréchette a marqué une première rupture avec l’ère Legault.
Alors que son prédécesseur était connu pour son ton polarisant, la nouvelle première ministre annonçait que l’État « doit être un meilleur partenaire » du fédéral, des Premières Nations, des PME, des régions et du milieu communautaire.
Face au gouvernement canadien, cette politique de « partenariat » est cependant plus stratégique qu’il n’y paraît.
La CAQ est en chute libre depuis trois ans derrière un Parti Québécois toujours au premier rang dans les sondages. Cette donnée vitale nourrit nécessairement le changement de ton de Mme Fréchette.
De son appel à un partenariat avec le fédéral, il faut en effet comprendre que d’ici les élections du 5 octobre, elle préfère ne pas offrir de carburant politique additionnel à Paul St-Pierre Plamondon en créant des conflits avec Ottawa.
D’où son désir de rapprochement stratégique avec Mark Carney. Lequel est également le politicien de loin le plus populaire au Québec.
Du même coup, l’approche apaisante de Mme Fréchette rencontre les intérêts politiques du premier ministre canadien.
Vendredi dernier, lors de la première rencontre entre Mme Fréchette et M. Carney à Ottawa, le courant passait d’ailleurs à merveille.
Une gaffe commise le matin même par le ministre de la Justice Sean Fraser concernant le fait qu’il songeait à limiter l’usage de la clause dérogatoire a aussi permis à M. Carney d’assurer à Mme Fréchette qu’il n’avait aucune intention de le faire.
Si Mark Carney, en attente du jugement de la Cour suprême sur le même sujet, s’est assuré de le dire clairement, c’est aussi parce qu’une déclaration contraire aurait fourni un puissant moteur d’indignation au chef péquiste.
Comme quoi, depuis sa bourde surréaliste sur les plaines d’Abraham, M. Carney semble mieux comprendre les codes distincts de la dynamique politique québécoise en période préélectorale.
