Notre télé est-elle vraiment à l’agonie?

Dorénavant, des cotes d’écoute des émissions les plus regardées seront enfin de nouveau publiées.

Elles avaient cessé de l’être il y a quelques années afin qu’il n’y ait pas de confusion avec les chiffres d’écoute de la vidéo en ligne. Depuis, les seuls chiffres qu’on publiait étaient ceux de l’écoute en direct et de l’enregistrement fait dans les 24 heures suivant la diffusion. C’est à partir de là que sont parties les rumeurs de la mort appréhendée de la télévision. Des rumeurs qui persistent encore !

Se tairont-elles, maintenant ? Pas sûr, car les chiffres qui seront publiés viseront uniquement ceux qui ont regardé les émissions en direct ou qui les ont enregistrées dans le cours d’une semaine. Quid des nombreux autres qui ont délaissé la télé linéaire pour regarder uniquement les séries, les films et les émissions que présentent les plateformes ? Tant qu’on n’aura pas aussi ces données, les pisse-vinaigre auront beau jeu d’annoncer la mort prochaine de notre télévision.

À l’heure actuelle, on peut savoir combien de temps les téléspectateurs passent sur les plateformes comme Netflix, Crave, illico+ ou TOU.TV, mais on ne sait pas du tout quels contenus ils regardent. Est-ce Détective Surprenant? Alertes Pelletier? Rivalité passionnée? Ou un long métrage sur Netflix ?

Des plateformes frileuses

Pour diverses raisons, les plateformes sont plus que frileuses sur tout ce qui les concerne, en particulier sur leurs revenus et leur nombre d’abonnés. Elles invoquent la concurrence, mais en vérité, les plateformes des géants du web ont intérêt à cacher leurs revenus, notre nouvelle loi devant les obliger à « cracher » 5 % de leurs revenus pour du contenu canadien !

Pourtant, c’est seulement lorsqu’on dévoilera aussi les cotes d’écoute des émissions des plateformes qu’on pourra enfin connaître la véritable popularité des émissions québécoises et savoir jusqu’à quel point elles sont en danger.

Quant à la télévision linéaire en général, qu’on cesse de nous casser les oreilles avec sa fin prochaine, elle ne disparaîtra pas, comme ce fut le cas du cinéma à l’avènement de la télé. Ce n’est pas la télévision linéaire qui est en danger, ce sont les diffuseurs privés.

Quel plaisir pour l’œil !

Le mardi 17 mars, Richard Martineau a écrit une chronique intitulée « On est des maudits cochons ! », je l’invite donc à venir à Prague, en République tchèque, où je suis actuellement.

Hier, j’ai fait un tour de ville de 90 minutes dans un autobus panoramique (sightseeing). C’est juste après un trajet de 42 minutes que j’ai aperçu une boîte de conserve vide le long d’un trottoir, puis 39 minutes plus tard... un sac de croustilles vide sur le terre-plein d’une avenue.

Quel plaisir pour l’œil qu’une ville propre, mais quel contraste avec Montréal !


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