Un bilan honorable |
Ce qui est arrivé à François Legault n’est pas un scénario unique. Après plusieurs années au pouvoir, l’usure se fait sentir et une partie grandissante de l’électorat n’est plus capable de te sentir. La mémoire des gens (et des médias) est plus aguerrie pour retenir les dossiers catastrophes que les bons coups.
C’est un peu normal, l’humanité cherche probablement à s’améliorer en sanctionnant les ratés. Cela fait partie du côté ingrat de la politique. C’est ce qui fait qu’au départ d’un politicien, dans la défaite ou face aux mauvais sondages, il se dégage une impression que tout ce qu’il a touché est moribond.
Au fil des ans, ce biais de lassitude s’estompe de sorte que le legs réel du leader politique refait surface. Pensez à Brian Mulroney par exemple: il y a tout un écart entre ce qu’on disait de lui le jour de son départ et l’analyse qu’on fait de ses deux mandats aujourd’hui.
Le legs de François Legault n’est pas gênant. Il n’a pas accompli tout ce dont il disait rêver en fondant son parti, mais il a fait faire des pas en avant au Québec.
Je retiendrai quelques éléments principaux.
D’abord nous aurons vécu deux mandats sans scandale de corruption, c’est déjà ça.
La CAQ a gouverné en nous sortant de la guerre stérile entre les oui et les non. Notre mémoire oublie vite combien la scène politique était devenue stérile lorsque toutes les campagnes électorales se limitaient à «référendum!» ou «non! Pas de référendum!». Cette période sombre avait duré plus de vingt ans.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
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À la fin de ces vingt ans, le Québec était devenu la province la plus pauvre au Canada. S’il est une chose difficile que François Legault avait promise, c’était de rattraper l’Ontario en matière de création de richesse. Là-dessus le progrès est réel. C’est un énorme exploit.
Pour être honnête, je dois souligner que la tendance avait commencé à s’inverser à la fin du mandat de Philippe Couillard. Il faut surtout espérer que les successeurs de François Legault gardent le cap sur la création de richesse.
La CAQ promettait aussi une politique nationaliste, même autonomiste. S’affirmer au maximum, mais à l’intérieur du Canada. La loi 21 sur la laïcité et la loi 96 qui renforce la Charte de la langue française représentent des avancées significatives dans la défense de l’identité du Québec. Le gouvernement Legault a tranché sur des enjeux où d’autres avaient tergiversé pendant des années.
Le premier ministre sortant faisait de l’éducation une priorité. Il a rehaussé le salaire des profs et réinvesti dans les écoles.
Côté négatif, en santé ça va mal comme toujours depuis 40 ans, et la gestion de nos finances publiques m’a déçu.
Mais plus je vieillis, plus je vois la politique comme une course à relais. Chacun fait son bout, donne son maximum, s’épuise et passe le relais au suivant. François Legault aura honnêtement et courageusement fourni sa poussée.