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Victoire partielle de Trump en Iran

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02.03.2026

Donald Trump cherche-t-il vraiment à faire tomber le régime iranien ? Rien n’est moins sûr.

Dimanche, Trump a tendu la main aux nouveaux dirigeants iraniens qui remplaceront ceux qui ont été tués par les forces américaines.

En substance, Trump leur dit qu’ils feraient mieux d’accepter toutes les conditions posées par les États-Unis, sinon, ils devront essuyer davantage de destructions et, éventuellement, faire face à la colère de leur population.

Le principal objectif de Trump est de neutraliser l’armée iranienne et en particulier les forces nucléaires qu’elle est en train de construire.

Le reste est négociable, à la mode vénézuélienne.

Renversement improbable

Il est improbable que la population iranienne renverse son gouvernement, aussi horrible et totalitaire soit-il, et cela pour trois raisons.

D’abord, la société iranienne est quadrillée par des islamistes. Inversement, l’opposition est divisée. Le fils de l’ancien Shah, en exil, ne fait pas l’unanimité parmi les opposants au régime, c’est le moins qu’on puisse dire.

Ensuite, la population iranienne n’est pas armée, tandis que les Gardiens de la révolution et les autres organisations islamistes le sont.

Enfin, la dimension idéologique de la guerre est comme d’habitude complètement ignorée par Washington. Le gouvernement Trump devrait lutter contre le fanatisme religieux pour remporter une victoire sur ce terrain de bataille. Or, pour des raisons électorales internes, il fait exactement l’inverse.

Première manche remportée

Pour le moment, Trump projette l’image d’un dirigeant qui a remporté une première victoire et qui paraît même magnanime, en offrant aux dirigeants iraniens une seconde chance de parvenir à un accord.

Du moins, c’est ainsi que son électorat perçoit la guerre en Iran.

Mais dans le monde musulman, la perception est différente.

Pour de nombreux musulmans, les États-Unis sont à la solde d’Israël. La guerre en Iran oppose le monde chrétien au monde musulman. Et les États-Unis cherchent à faire main basse sur les ressources naturelles de l’Iran.

Quoique ce dernier point soit en partie vrai, il reste que la menace nucléaire iranienne se rapprochait, puisque les militaires avaient dépassé le seuil de 60 % d’enrichissement de l’uranium. De plus, la portée des missiles iraniens augmentait.

Guerre pas encore gagnée

Les États-Unis n’ont pas encore complètement gagné la guerre contre l’Iran.

Assurément, le régime est très affaibli. Plus grave pour lui, ses alliés dans les pays voisins n’ont pas pris les armes pour le défendre, comme les dirigeants iraniens le souhaitaient.

La guerre contre l’Iran n’a pas non plus provoqué le chaos au Proche et au Moyen-Orient, même si le trafic aérien et le trafic maritime sont très affectés.

La Chine et la Russie sont pour le moment discréditées. Leurs armements ne font pas le poids contre celui des Américains.

Reste la guerre de propagande. Vladimir Poutine explique à qui veut l’entendre que la guerre contre l’Iran est immorale et illégale. Il est vrai que là-dessus, il en connaît un rayon.


© Le Journal de Montréal