Il est où le bonheur?
À voir le temps que les humains passent sur les réseaux sociaux, on pourrait croire que les écrans rendent heureux.
C’est pourtant l’inverse qui ressort du dernier Rapport mondial sur le bonheur: plus l’usage des réseaux sociaux augmente, plus le bien-être tend à reculer. Surtout chez les jeunes.
Les données montrent que le bonheur est dans la vraie vie. Dans les liens réels et la confiance envers les autres. Dans le sentiment d’appartenance. Dans les activités qui nous font bouger, nous relier à la nature, sortir de nous-mêmes pour mieux revenir à soi et donner du sens à nos journées.
Il n’est surtout pas dans la comparaison permanente avec des vies filtrées, retouchées, mises en scène pour nous donner l’impression qu’il nous manque toujours quelque chose et qu’il suffirait d’acheter plus pour être heureux.
Ce rapport, comme les précédents, rappelle clairement que le bonheur se construit à force de choix individuels et collectifs.
Au-delà des apparences
Qu’ont en commun les cinq pays qui se trouvent au sommet du dernier palmarès du bonheur ? Soit la Finlande, l’Islande, le Danemark, le Costa Rica et le Québec, ex æquo avec la Suède si on l’isole du reste du Canada.
Ils ont tous investi dans ce que le PIB mesure mal, voire pas du tout : la confiance, les liens sociaux, la réduction des inégalités, la qualité des services publics et la protection du vivant.
C’est-à-dire tout ce qui est aujourd’hui ébranlé par la désinformation, les appels au repli sur soi et la méfiance. Alors qu’il est dans notre intérêt individuel et collectif de miser sur la coopération, l’entraide et le partage. Ce qui historiquement a le plus contribué au bien-être et à la prospérité des individus comme des sociétés.
Nous nous laissons diviser dans un monde de plus en plus polarisé où l’on se fabrique des ennemis au lieu de se parler et surtout de respecter nos différences.
Pourtant, au fond, nous souhaitons tous la même chose : être heureux ! Quels que soient notre couleur de peau, le pays ou le quartier que l’on habite. Quelles que soient notre religion, l’épaisseur de notre porte-monnaie, nos années d’études et notre orientation sexuelle.
Une fois de plus, des données démontrent que le Québec se distingue du reste du Canada et de l’Amérique du Nord. Cette fois, c’est par son indice de bonheur nettement plus élevé.
Malgré toutes nos contradictions, nous avons fait des choix qui nous tissent ensemble au-delà du français. Plus qu’ailleurs, nous avons considéré la santé, l’éducation, les services de garde et la protection sociale comme des biens à partager plutôt que comme des privilèges à acheter.
Nous avons mis en commun ce qui, ailleurs, est généralement laissé à la loi du marché.
Tout ça est terriblement fragile en ce moment. Mais il nous reste encore quelque chose de précieux : une mémoire collective. Celle d’avoir déjà compris qu’une société est plus forte quand elle s’organise pour que chacun puisse vivre dans la dignité.
Et peut-être qu’au fond, le vrai nom du bonheur c’est l’amour. Celui qui prend soin, qui partage et qui protège.
