Retraites: un portrait qui donne froid dans le dos

Le tiers des retraités québécois vivent dans la pauvreté et près de la moitié des 50 ans et plus craignent de manquer d’argent une fois parvenus à la retraite. Un portrait qui donne froid dans le dos, d’autant plus quand on pense à ce qui attend nos jeunes.

Dire que dans les années 1990, on nous parlait de Liberté 55, laissant miroiter une société de loisirs !

Depuis, ce beau rêve s’est envolé en fumée et nous fait plus rire jaune qu’autre chose. L’âge moyen de la retraite n’a cessé d’augmenter et bien des facteurs l’expliquent : la crise du logement, l’inflation galopante et la hausse des taux d’intérêt en font partie.

Il y a aussi les aléas de la vie, comme en témoignent dans nos pages ceux dont l’usine a fait faillite, ou ceux dont la santé d’un proche est minée par la maladie, par exemple.

Certains ont également travaillé dur toute leur vie, mais n’ont pas la chance de bénéficier d’un bon régime de retraite. Selon Statistiques Canada, rapporte mon collègue Sylvain Larocque, près de deux millions de Québécois n’ont ni régime de retraite d’employeur ni REER collectif. Ils sont pour ainsi dire condamnés à vieillir dans la pauvreté.

Manque de planification

À cela s’ajoute une réalité qui soulève plusieurs inquiétudes. Les jeunes tardent à planifier leur retraite pour plusieurs raisons, selon Retraite Québec, soit parce que leur revenu ne le permet pas, qu’ils se sentent trop jeunes pour y songer, qu’ils ne sont pas intéressés, ou qu’ils privilégient d’autres projets.

Le problème, c’est qu’avec la courbe démographique actuelle, d’ici une vingtaine d’années, la société québécoise sera l’une des plus vieilles en Occident, selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Si bien qu’en 2031, en suivant cette tendance, 1 personne sur 4 sera âgée de 65 ans et plus au Québec.

Ajoutons à cela que les gens vivent de plus en plus vieux : la proportion d’aînés âgés de 85 ans et plus atteignait 12 %, en 2011, et devrait passer à 25 % en 2061, toujours selon l’INSPQ.

Ces chiffres laissent entrevoir un fardeau fiscal de plus en plus important pour les jeunes. Et si, en plus, un grand nombre d’entre eux ne s’est pas suffisamment préparé pour la retraite, qu’adviendra-t-il d’eux, une fois parvenus à un âge avancé ? Il y a des limites à travailler de plus en plus vieux...

Vous êtes dans la vingtaine et vous faites vos débuts sur le marché du travail ? Retenez cette règle, que font valoir plusieurs experts dans notre reportage : plus on épargne tôt, petit à petit, et plus ça rapporte.

La différence est impressionnante, et ce, avec de plus petits montants mis de côté mensuellement, donc sans s’égorger financièrement sur le moment.

À cet égard, il y a encore beaucoup d’éducation et de sensibilisation à faire. Les excellents conseils fournis par les experts consultés par mes collègues valent franchement le détour.


© Le Journal de Montréal