Le meilleur et le pire de 2025 au Canada |
Mardi, j’ai présenté mon bilan personnel et subjectif de l’année sur la scène politique québécoise.
Voici le même exercice pour la scène fédérale.
Il n’y a rien de plus facile cette année comme catégorie.
On pourra longtemps discuter de l’existence ou pas des sauveurs en politique.
Il est vrai que le «sauveur» doit être aidé par les circonstances.
Il reste qu’il doit avoir le profil et savoir manœuvrer.
L’exploit de Mark Carney est sensationnel, qu’on l’aime ou pas.
Il s’approche doucement du trône libéral.
Il examine la situation, il prend son temps, il tâte ici et là.
Il se laisse désirer, il fait attention de ne pas passer pour un putschiste.
Il soigne son image d’antipoliticien et d’adulte.
Il attend que Trudeau finisse par écœurer absolument tout le monde.
La peur de Trump, la maladresse de Poilievre et le ras-le-bol de Trudeau firent le reste.
Même des souverainistes burent son Kool-Aid.
Et en un tour de main, il a fait s’évaporer 25 points de retard dans les sondages.
Je ne connais pas d’équivalent, ni ici ni ailleurs. Wow!
Détail amusant: depuis, il gouverne... avec le programme des conservateurs.
Pierre Poilievre se voyait déjà premier ministre.
Honnêtement, on le voyait tous.
Quelle fut son erreur fondamentale?
Il avait fait de Justin Trudeau et du besoin de s’en débarrasser le cœur de sa campagne.
Il n’avait pas grand-chose d’autre à dire.
Sitôt Trudeau parti de lui-même, toute sa stratégie s’est effondrée.
Face à la psychose Trump, il n’a jamais su pivoter assez vite.
Dès lors, les Canadiens avaient à choisir entre un politicien de carrière et quelqu’un qui jouait la carte du banquier-sérieux-qui-connaît-ça.
Ajoutant l’injure à l’insulte, Poilievre perd son propre siège de Carleton, qu’il détenait depuis 20 ans, contre un parfait inconnu, Bruce Fanjoy, père à temps plein à la maison, qui usa deux paires de souliers en frappant aux portes.
Il est vrai que les conservateurs ont tout de même récolté 41% des votes et remporté 144 sièges, un gain de 25 par rapport à l’élection de 2021.
Il reste que c’est leur quatrième défaite consécutive et, cette fois, ils faisaient face à un gouvernement sortant affichant peut-être le pire bilan depuis longtemps.
Il fallait faire de l’aveuglement volontaire pour nier les tricheries massives du camp du Non en 1995.
Commandées par le plus haut niveau de la hiérarchie politique, ou plutôt les initiatives relativement autonomes de quelques organisateurs zélés et peu scrupuleux?
Les deux, mais l’ordre de fabriquer dans des délais sans précédent des citoyens canadiens pour qu’ils votent «du bon bord» fut donné par Jean Chrétien lui-même.
C’est son propre ministre de l’Immigration qui le confirme.
Après le référendum, le rythme des naturalisations reprit son train-train habituel.
Convoqué pour s’expliquer devant un comité parlementaire, Jean Chrétien refuse.
On lui aurait évidemment demandé quels autres coups bas il avait personnellement ordonnés.
Il est sans doute fier de lui.