Un geste révoltant de CBC/Radio-Canada |
Comme la brebis qui entrerait de plein gré dans la tanière du loup, RDI sera maintenant offerte sur Prime Video.
Décidément, CBC/Radio-Canada n’a pas fini de nous surprendre. Le diffuseur public a annoncé fièrement, hier, que RDI et CBC News, ses deux chaînes d’information en continu, sont désormais offertes sur Prime Video, propriété du géant américain Amazon dont le très sympathique Jeff Bezos est l’actionnaire principal.
Radio-Canada n’a pas révélé combien Prime Video lui remettra sur les 4,99 $ par mois (plus taxes) que le géant américain facturera à ceux qui ajouteront RDI ou CBC News (ou les deux) à leur forfait Prime Video.
Alors que notre télévision se bat bec et ongles pour conserver un auditoire que les géants de l’internet grignotent graduellement, Radio-Canada rend plus attrayante encore l’offre de l’un d’eux en lui permettant d’ajouter ses deux chaînes d’information. C’est d’autant plus incompréhensible que le diffuseur public a déjà deux plateformes internet, CBC Gem et TOU.TV, qui auraient pu – et auraient dû – accueillir ses chaînes d’information.
Radio-Canada possède les plateformes qu’il fallait, mais elles sont gratuites ! En refilant ses chaînes à Amazon, le diffuseur public espère sûrement compenser en partie les revenus qu’il perd à cause des téléspectateurs qui se désabonnent graduellement du câble.
Il n’y aurait donc que l’appât du gain pour expliquer ce geste que je trouve révoltant. S’il avait utilisé TOU.TV et CBC Gem pour offrir ses deux chaînes d’information en continu, CBC/Radio-Canada n’aurait rien touché à moins de les rendre payantes et la direction sait fort bien que cela aurait provoqué un tollé.
Radio-Canada a donc pris le chemin le plus facile en offrant ses chaînes sur un plateau d’argent à Amazon, rendant du coup Prime Video encore plus attrayante pour les téléspectateurs canadiens et québécois férus de nouvelles et qui n’avaient plus la possibilité de syntoniser RDI ou CBC News en direct après avoir abandonné le câble.
Nourrir ceux qui affament !
La décision de CBC/Radio-Canada est d’autant plus incompréhensible qu’elle fournit littéralement des munitions à l’un des géants du web qui menacent l’existence même de nos chaînes de télévision, grignotant un peu plus chaque jour leur auditoire et les privant d’une grande partie de la publicité qui assurait leur existence.
La direction de CBC/Radio-Canada se félicite même de son geste. « Cette nouvelle entente, ont déclaré les vice-présidents des deux réseaux, est l’occasion d’élargir la portée de nos contenus ! »
À ce compte-là, pourquoi ne pas offrir à Amazon ou à n’importe quel autre géant du Net l’ensemble de la programmation de CBC/Radio-Canada ? Sans être méchant, j’ajouterais qu’il s’agirait sûrement du meilleur moyen d’élargir l’auditoire famélique du réseau anglais !