L’ONU et l’esclavage: une imposture

Quoi de plus atroce que l’esclavage ? On songe spontanément aux scènes épouvantables de la célèbre minisérie Racines et au film de Steven Spielberg, Amistad.

On était donc tenté d’applaudir lorsque, la semaine dernière, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution reconnaissant la traite transatlantique des esclaves africains comme le « crime le plus grave contre l’humanité ». La résolution portée par le Ghana a été approuvée par 123 États.

Et pourtant. Derrière ce texte en apparence vertueux se cache une imposture historique. En effet, la traite transatlantique est loin d’être unique ou même celle qui a fait le plus de victimes.

Cette traite négrière que les cinéastes américains ont brillamment portée à l’écran s’est étalée sur trois siècles. À partir du XVe siècle, environ 11 millions d’Africains, dont un grand nombre mourut en mer, furent entassés comme des animaux sur des bateaux à destination de Charleston, La Nouvelle-Orléans, Cuba ou Rio de Janeiro.

La traite arabo-musulmane

Mais celle qui a fait le plus de victimes et qui a duré le plus longtemps est la traite arabo-musulmane qui, pendant treize siècles, de 650 à 1920, déporta environ 17 millions d’êtres humains en direction des pays arabes. Elle fut aussi une des plus sauvages, puisque, selon l’anthropologue sénégalais Tidiane N’Diaye, un grand nombre d’esclaves furent castrés. Ce qui expliquerait l’absence de population noire dans ces pays contrairement au Brésil ou aux États-Unis.

La dernière traite est celle que pratiquaient les Africains entre eux, puisqu’en Afrique l’esclavage a longtemps été monnaie courante. Elle aurait concerné plus de 14 millions de personnes. Avant son abolition par les Français et les Britanniques, ce commerce représentait une véritable industrie locale.

Il n’y a malheureusement rien de surprenant à voir l’ONU tenter de dissimuler ces faits puisqu’elle compte 54 pays africains et 57 États membres de l’Organisation de la coopération islamique.

Incriminer l’Occident

C’est d’ailleurs dans ces pays qu’on trouve encore des esclaves.

Il y a 20 ans, dans un bus bringuebalant en direction d’Agadez, j’avais demandé à un confrère nigérien si l’esclavage se pratiquait encore dans cette région. « L’esclavage ? Mais, il est partout ! » m’avait-il répondu. Il pensait notamment à ces musulmans riches qui s’achètent une cinquième épouse pour aussi peu que 200 $ afin d’en faire une esclave domestique ou sexuelle. Elles seraient plusieurs centaines de milliers au Niger seulement. En Syrie, Daech n’avait-il pas transformé des centaines de femmes yézidies en esclaves sexuelles ?

L’esclavage n’est donc pas d’abord affaire de race. Quant à en faire le « crime le plus grave contre l’humanité », c’est oublier que la Shoah ne consistait pas à vendre des Juifs pour les exploiter, mais avait pour unique but de les exterminer jusqu’au dernier. Il est évidemment plus facile d’incriminer l’Occident plutôt que de considérer que ces crimes abominables nous concernent tous. On se demandera ensuite pourquoi l’ONU n’est plus crédible.


© Le Journal de Montréal