Quand une bouchère a le meilleur programme |
J’ai passé tout mon secondaire à longer les packages d’Yves, un producteur de bœuf de chez nous, dans mon autobus scolaire. Des vaches élevées pour la viande. Qui passent leur vie en plein air avec leurs veaux.
Mais à la maison, c’était impossible de manger ce bœuf-là.
Vingt ans plus tard, c’est toujours pareil. Incapable de trouver facilement de la viande locale.
Absurdité magnifiquement mise en image par Karine Lamontagne et la bouchère Renée Leblanc-Paulin dans le documentaire La bouchère de Trois-Pistoles.
Éviter ou révolutionner ?
Il y a des institutions comme Polytechnique qui décident de retirer la viande rouge de leur menu pour cause environnementale. Un raccourci franchement discutable pour devenir un vrai acteur de changement.
Puis, il y a des artisanes et des producteurs agricoles aux premières loges de l’industrie de la viande qui tentent de révolutionner le modèle.
De la viande, il va s’en manger pour un maudit bon boutte encore. Alors, comment faire mieux ?
Manger plus de viande locale. Mais comment y avoir accès ?
Chez nous, le meilleur steak que j’ai mangé de ma vie vient d’une ferme de Clerval en Abitibi. Faute d’abattoir, la productrice envoie ses bêtes à 875 km pour les faire abattre, puis les ramène pour les commercialiser en région. Un budget et un paquet de troubles que bien des producteurs ne se donnent pas.
Alors, il faut sortir de la mentalité coloniale qui persiste encore dans les officines gouvernementales. Extraire, cultiver, produire de la matière première, les régions du Québec sont championnes pour ça.
Là, il est temps qu’on développe des infrastructures de transformation dans ces mêmes territoires pour faire profiter la valeur ajoutée aux régions qui la produisent, cette valeur.
Des abattoirs et des boucheries comme celle de Renée Leblanc-Paulin qui change la donne alimentaire dans les Basques.
Nourrir la vitalité de nos régions en même temps que son monde.