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La "nasse", cette technique policière devenue routine des manifs mais au cadre légal incertain

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03.05.2019

1ER MAI - Ce serait l’élément déclencheur de l’intrusion à la Pitié-Salpêtrière, l’étincelle qui aurait mené à un psychodrame politico-médiatique. Mercredi 1er mai, alors que le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’indignait d’une “attaque” de l’hôpital parisien durant la manifestation de la Journée internationale des travailleurs, de nombreux témoignages ont rapidement contredit la version alarmiste des autorités.

“On était en pleine nasse ultra-gazée et super-compacte quand j’ai vu des personnes apeurées se réfugier partout où elles pouvaient, dans la cour de l’hôpital de la Salpêtrière, la petite église à côté, l’université, et moi dans une petite résidence pour fuir les CRS et la lacrymo”, raconte par exemple Fatima Benomar, militante féministe, sur son compte Facebook.

Ce mot de cinq lettres, “nasse”, bien connu des gilets jaunes et autres habitués des pavés, revient dans de nombreux témoignages de cette journée de mobilisation, comme celui ci-dessous, partagé près de 3000 fois sur Twitter.

#1erMai Je suis tellement en rage, les stratégies de maintien de l'ordre sont de plus en plus criminelles. Je suis, il faut bien le dire, traumatisée par ce que j'ai vécu hier.

Incontournable du maintien de l’ordre, cette technique policière d’encerclement de la foule, cette fois-ci combinée à des échauffourées, aurait donc poussé des manifestants paniqués à forcer les grilles de l’enceinte du complexe hospitalier.

“On ne peut pas s’expliquer ce qui s’est passé à la Pitié-Salpêtrière si on n’a pas cette idée d’encagement qui a accompagné le cortège une bonne partie du temps. Ça crée une tension”, explique aujourd’hui au HuffPost David Dufresne, journaliste spécialiste du maintien de l’ordre et des violences policières.

Invention de la police britannique au cours des années 70, la technique de la nasse, ou “kettling” en anglais (“bouillonnement”), consiste à regrouper des manifestants à l’intérieur d’un cordon policier plus ou moins hermétique.

Contacté par nos soins, Johann Cavallero, délégué national CRS du Syndicat Alliance, explique: “Il y a trois cas de figure. Parfois, on nasse au départ du cortège. Les gens sont impatients de partir, alors on peut........

© Le Huffington Post