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Après l'invasion turque en Syrie, Caroline Fourest dénonce l'attitude de Trump

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10.10.2019

SYRIE - La guerre est déclarée. À la suite de la décision américaine de laisser le champ libre à une offensive turque contre les Kurdes de Syrie, la Turquie a effectivement envoyé des hommes et des avions frapper le nord du pays.

Dépourvue de la protection des États-Unis, laissée seule par une Union européenne qui ne sait comment réagir, la population locale se retrouve une fois de plus en péril, elle qui a pourtant lutté ardemment contre les jihadistes de Daech depuis le début de la décennie.

Cette région du monde, c’est là que Caroline Fourest place l’intrigue de “Sœurs d’armes”, son premier long-métrage de fiction sorti en salles ce mercredi 9 octobre. Un film d’action avec Dilan Gwyn, Amira Casar et Camélia Jordana notamment, qui a permis à la journaliste de 44 ans de parler des Kurdes, des Yézidis, et d’envisager leur abandon par le monde occidental.

Le HuffPost: Que vous inspire la situation actuelle?

Caroline Fourest: C’est vraiment la tragédie que l’on redoutait, ce que l’on avait pressenti. Quand j’ai écrit le scénario de “Sœurs d’armes”, il y a presque quatre ans, c’était pour alerter sur ce qu’avait été le génocide yézidi et relater l’héroïsme des femmes et des Kurdes, tout ce qu’ils ont fait pour nous. J’avais déjà prévu le risque de l’abandon de ces populations. Il suffit d’avoir déjà vu cet échange entre Nadia Murad et Donald Trump, où il ne savait même plus pourquoi elle avait eu le prix Nobel de la Paix ni ce qui était arrivé aux Yézidis pour comprendre que même nos gouvernants ont besoin de ressentir des émotions, de voir les images de cette guerre pour ne pas l’oublier, pour ne pas oublier nos alliés.

Aujourd’hui, c’est l’Histoire qui se répète. L’abandon des Kurdes est malheureusement déjà arrivé. Ils ont l’habitude de dire que les montagnes sont leurs seules amies. Là on espérait déjouer la fatalité,........

© Le Huffington Post