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La synthèse du grand débat sera biaisée, mais il y en aura des dizaines d'autres

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08.04.2019

POLITIQUE - C’est le grand jour. Après des mois de consultations dans les villes, en ligne, dans des réunions publiques, c’est l’heure de la restitution pour le grand débat national du gouvernement.

Ce lundi 8 avril, Édouard Philippe va recevoir, des mains des garants, la synthèse de cette tentative de réponse à la crise des gilets jaunes. Si un débat devant le parlement est prévu, c’est Emmanuel Macron qui aura le dernier mot et fera de premières annonces à la mi-avril.

Une chose est sûre: il y aura des déçus. D’abord, parce que toute synthèse, restitution, ne peut être parfaite. Mais aussi car les différents choix du gouvernement, depuis le début du grand débat, posent des problèmes d’objectivité méthodologique. Mais ce n’est peut-être pas le plus important. Car cet exercice a, quoi qu’il arrive, permis de créer une véritable effervescence démocratique. Dans le cadre du grand débat, mais aussi en dehors de celui-ci.

Et la bonne nouvelle est que, quelle que soit la qualité de cette synthèse gouvernementale, des dizaines d’autres sont en train d’émerger. Elles proviennent de scientifiques de tous bords (linguistes, mathématiciens, sociologues, lexicologues, politologues...) et d’initiatives citoyennes.

Le HuffPost a tenté de faire le tour des projets achevés, en cours ou futurs. Ils illustrent tout à la fois les limites de la synthèse voulue par le gouvernement et la richesse prolifique de cette crise politique et du débat citoyen, officiel et officieux, qui l’accompagne.

L’un des principaux problèmes du grand débat, qu’il soit en ligne, dans les cahiers de doléances ou les réunions publiques, c’est qu’il est impossible de savoir qui y a participé. Tout juste, sur le site, doit-on rentrer son code postal. Or, pour qu’un petit groupe d’individus soit représentatif d’un plus grand nombre, il faut des éléments de comparaison.

Par exemple dans un sondage, les 1000 personnes interrogées doivent être réparties (âge, sexe, emploi, etc.) de la même manière que la population française. Quel que soit le résultat de la synthèse, ce ne sera qu’un résumé, plus ou moins juste, de l’état d’esprit des participants. Et non pas de l’ensemble des Français.

C’est en partie pour pallier ce problème que plusieurs organisations (GIS Démocratie et Participation, l’ICPC et le CEVIPOF) ont lancé un “observatoire des débats”. Depuis le début du grand débat, 80 observateurs, respectant un protocole bien spécifique, ont analysé les réunions citoyennes. Ils ont également fait passer quelque 3000 questionnaires aux participants, visant justement à mieux comprendre qui s’est rendu dans ces réunions.

À terme, l’observatoire compte réaliser des synthèses poussées, s’attaquer aux contributions en ligne, etc. Dans le but de........

© Le Huffington Post