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Comment la France a perdu Seabubbles, la start-up dont tout le monde parle

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12.04.2019

TRANSPORTS - C’est l’histoire d’un décollage et d’un naufrage. Logique, car le protagoniste n’est autre qu’un bateau qui vole sur l’eau. Le décollage, c’est celui de la start-up française Seabubbles, qui a imaginé cet engin 100% électrique que nous avions testé en mai dernier.

Ses fondateurs, le Français Alain Thébault et le Suédois Anders Bringdal, viennent d’annoncer le rachat de Seabubbles par une holding pour “plusieurs dizaines de millions d’euros”, précise au HuffPost Alain Thébault. Et le financement pour un montant similaire d’une filiale visant à développer le Flybus, une bulle flottante visant à transporter 50 personnes.

Le naufrage, c’est celui de la start-up nation chère à Emmanuel Macron. Car cette holding est Suisse et les investisseurs sont suisses, chinois, suédois et américains. Même si une partie des emplois reste en France, le message est clair. “La Suisse va soutenir les taxis volants”, titre la Tribune de Genève. Un naufrage donc, en tout cas, c’est la vision d’Alain Thébault: “Les Français regardent passer les trains, qui souvent sont en retard”. S’il ne veut pas tomber dans le “french bashing”, il explique être “usé” par ces “cycles de réunions mensuelles depuis deux ans, pleines de postures et de blablas”.

Le HuffPost, qui a suivi la start-up depuis ses débuts, en 2016, alors que seuls quelques croquis existaient, a cherché à comprendre comment expliquer cette désaffection française, qui avait commencé à poindre dès 2017. Une histoire qu’on pourrait résumer comme un malentendu entre des entrepreneurs atypiques, fantasques, et un gouvernement et une administration française trop rigide et trop frileuse.

Pourtant, au départ, ça ressemblait à un conte de fées pour Alain Thébault et Anders Bringdal. Le Français avait fait sa renommée grâce à un record du monde de vitesse à voile en 2009 via l’hydroptère, un voilier “volant” lui aussi sur l’eau, grâce à un système de foils, des ailes profilées.

Quand il parle de son idée de bulles flottantes électriques pour désengorger les grandes villes et lutter contre le réchauffement climatique, il a vite de nombreux soutiens, dont Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, et Anne Hidalgo, maire de Paris. “Il y a 5........

© Le Huffington Post