Qui pourrait réformer l’orthographe française? |
On l’a vu, la perspective de modifier la règle d’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire avoir déclenche des passions. L’orthographe du français est connue comme une des plus difficiles à maîtriser. Contrairement à celle de l’espagnol, du finnois ou de l’italien, elle est peu « transparente » (un son = une lettre). Le son « é » peut être écrit d’au moins dix façons différentes : blé, et, nez, pied, chanter, chanté, chantée, chantés, chantez, chantai et le « è », de quatorze ! Elle oblige à noter des marques grammaticales qui ne s’entendent pas : il(s) chante(nt).
De plus, elle est parfois incohérente : des clous mais des choux, citronnade mais limonade, etc. Non seulement son apprentissage demande énormément de temps en classe et produit de piètres résultats, mais il nuit à celui de la lecture, où, en moyenne, les élèves francophones sont en retard sur leurs homologues éduqués dans d’autres langues.
Y a-t-il des avantages à maintenir une orthographe aussi compliquée, y compris quand elle n’est pas justifiée linguistiquement ? La réponse de la majorité des francophones serait sans doute « non ».
Qui aurait la légitimité de réformer notre orthographe ?
L’Académie française ? Les statuts de 1635 assignent à l’Académie un objectif général assez vague : « Travailler à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure. » En fait, l’Académie n’a pas un pouvoir........