C’est bien à Davos qu’il fallait être

Mark Carney a bien fait d’aller à Davos. C’était le bon endroit au bon moment pour affronter une énième crise mondiale, gracieuseté du président Donald Trump.

C’est toujours un casse-tête pour un premier ministre et ses conseillers de voyager ou pas. Si le premier ministre voyage trop, l’image d’un dilettante qui néglige ses affaires à Ottawa va lui coller à la peau. Il sera alors facile de critiquer le coût de ses voyages et de sa sécurité (qu’il ne contrôle pas). On le caricaturera en globe-trotteur, l’accusant de préférer l’accumulation d’Air Miles et le plaisir de trinquer avec les grands de ce monde.

Il est par ailleurs important de coordonner ses déplacements en fonction du calendrier parlementaire. Tout cela en sachant qu’il devra composer avec le risque qu’une crise survienne au pays et qu’il ne puisse y réagir rapidement.

Voyager, c’est aussi susciter des attentes élevées. On l’a vu durant son voyage en Chine face à la meute des journalistes qui l’accompagnaient dans l’avion. S’il ne leur donne pas assez de matière, il aura droit à une couverture axée sur des éléments futiles, ce qui ne lui fera pas une bonne presse. Je parle d’expérience. Même si le lien personnel est important en politique, on peut toujours se faire dire, sur un ton de reproche, qu’une rencontre aurait pu être faite sur Zoom.

Si le gouvernement ne voyage pas dans certaines régions du monde, cela envoie le message que ces régions ne sont pas des priorités. Je pense à l’Afrique ou à l’Amérique latine. Cela peut nuire à des entreprises canadiennes, qui peuvent se le faire reprocher et même être........

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