Il faut garder espoir |
Ce n’est pas une étude bidon, bâclée ou improvisée. C’est une recherche exécutée par le FMI (Fonds monétaire international) et couvrant les budgets militaires de 164 pays. Cette étude, comme l’a révélé Le Devoir dans son édition du 9 avril, montre que les investissements dans les dépenses militaires pourraient avoir des effets multiplicateurs inférieurs à 1, alors qu’ils seraient de 2,8 si l’argent était mis en santé, et d’une valeur pouvant dépasser 3 s’il était destiné à l’éducation ou à la recherche et développement (et même de l’ordre de 3,7 si l’on combinait ces deux derniers domaines). Une phrase clé résume l’article ainsi : « […] comme l’industrie de la défense est très particulière et très concentrée, les ressources qui lui sont consacrées profitent généralement peu au reste de l’économie. »
Les résultats des trois élections partielles (deux en Ontario et une au Québec) de lundi nous montrent que les habitants du Canada (du moins la population des circonscriptions concernées) n’ont pas lu les conclusions que tirent ce genre d’organismes ou n’y croient pas, puisqu’ils ont donné la majorité à un parti politique qui fait figure de va-t-en-guerre. Le pire étant que le chef de ce parti a fait carrière en économie.
D’autre part, je viens de terminer le visionnement d’une série portant sur Alfred Nobel et Bertha von Suttner. Cette dernière, pourtant issue de l’aristocratie militaire, croyait que la paix était et devait être possible et que ce n’était pas vrai que l’être humain était voué à toujours laisser s’exprimer son agressivité avec des missiles destructeurs. Elle, elle était convaincue que si l’on avait réussi à éliminer l’esclavage, on arriverait à éradiquer cette plaie que constituent les conflits armés. Il ne restait qu’à en convaincre le reste de l’humanité. Comme elle, il faut garder espoir. Nous y arriverons… un jour (comme le chantait Raymond Lévesque).