Nos données de santé à la merci de Trump |
La souveraineté numérique n’est qu’un slogan si nos données sont aux mains d’entités soumises à des gouvernants imprévisibles ou qui ont des valeurs incompatibles avec les nôtres. En mars dernier, la journaliste Alexandra Fortin, de Radio-Canada, expliquait que le système retenu pour déployer le Dossier santé numérique (DSN) avait été conçu pour le système de santé américain, très différent du modèle québécois. Ce système reconnaît les centres hospitaliers, mais pas d’emblée les établissements comme les CHSLD, les CLSC, les centres jeunesse, les centres de périnatalité ou encore les centres de toxicomanie. Pas étonnant que des gens travaillant dans le réseau de la santé et qui ont le droit d’en parler librement expriment des doutes à l’égard de ce choix des autorités québécoises.
La naïveté des décideurs à l’égard des risques auxquels sont exposées les données de santé des Québécois a quelque chose d’encore plus préoccupant. Lorsque le journaliste Hugo Joncas les a interrogés sur les risques de confier l’hébergement de ces données à une entreprise soumise aux lois américaines, les responsables de Santé Québec ont expliqué que les firmes états-uniennes refuseraient les demandes d’accès des autorités américaines. Elles les transmettraient au client québécois qui, lui, irait discuter avec le gouvernement américain. Mais les autorités québécoises n’ont convenu d’aucune obligation à ce sujet dans les contrats.
On a également fait grand état du fait que les données seraient physiquement situées au Canada et qu’elles seraient........