L’urgence de la souveraineté hyperconnectée

La semaine dernière, on apprenait qu’une nouvelle utilisation de l’intelligence artificielle (IA) disponible sur le réseau social X permet à un utilisateur de formuler des requêtes telles que « mets-la en bikini » ou « enlève-lui ses vêtements » à partir d’une simple photo publiée en ligne. Les internautes obtiennent alors instantanément des images modifiées montrant la personne dans la tenue souhaitée. Et en s’en prenant à Thierry Breton, ancien commissaire européen, impliqué dans le déploiement des mesures pour combattre les discours haineux et la désinformation en ligne, le gouvernement Trump désigne ces lois destinées à protéger contre la fraude et les usages liberticides de l’IA comme de la « censure ».

On sait déjà que les réseaux sociaux et les autres plateformes en ligne contrôlés par des géants du numérique imposent un espace de délibération où, selon les mots de Giuliano da Empoli, « la viralité l’emporte sur la vérité ». Des plateformes en ligne où l’on considère que les faits ne sont que des « opinions » supplantent les médias traditionnels, qui, eux, sont tenus de répondre de leurs manquements.

Devant tant de dérapages tolérés ou encouragés par les géants du Web et leur gouvernement technofasciste, on comprend à quel point nous avons besoin d’États souverains capables d’agir pour protéger la dignité........

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