Vive La Liberté!

Dans un passage du célèbre roman Fahrenheit 451, paru en 1953, le capitaine Beatty explique à Montag le nouveau rôle des pompiers : ils brûlent les livres afin de favoriser la stabilité sociale et, surtout, d’assurer le bonheur des gens.

En effet, « [n]ous faisons front contre la petite frange de ceux qui veulent affliger les gens avec leurs théories et leurs idées contradictoires », affirme-t-il à son subordonné. Car, ajoute le capitaine des pompiers, « [s]i vous ne voulez pas qu’un homme se rende malheureux avec la politique, n’allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue sur une question ; proposez-lui-en un seul ». C’est bien suffisant ; sinon, le pauvre risque d’en sortir « complètement déboussolé ». Sans compter qu’il existe bien des livres qui ont pour effet de mettre « mal à l’aise » telle ou telle minorité. La solution pour bannir tous ces malaises de la société ? Brûler les livres en question, bien entendu. Ou alors les faire disparaître des rayons des librairies…

Comment ne pas penser à ce roman tristement prémonitoire de Ray Bradbury quand on apprend que la librairie La Liberté (en passant, l’une des dernières librairies indépendantes de la capitale nationale, probablement la plus ancienne, et certainement l’une des plus belles) faisait l’objet d’appels au boycottage parce qu’elle avait récemment été l’hôte du lancement du livre d’Éric Duhaime, Destination autonomie ?

Ces cabales lancées à répétition sur les réseaux........

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