Persia delenda est |
« Carthago delenda est » (« Carthage doit être détruite »). On connaît cette formule par laquelle, paraît-il, Caton l’Ancien achevait chacun de ses discours devant le Sénat romain. Il finit par être entendu, et la cité de Carthage (située dans l’actuelle Tunisie) fut entièrement rasée à l’issue de la troisième guerre punique (149-146 av. J.-C.), une partie de sa population, massacrée, le reste, réduit en esclavage.
On peut réprouver l’obstination du vieux Caton, et l’inhumanité de ses compatriotes, qui en éprouvèrent d’ailleurs quelques remords, comme en témoignent les larmes que répandit alors, dit-on, le général romain Scipion Émilien. Mais cette destruction de Carthage, cette élimination définitive de la seule rivale potentielle de Rome dans le bassin occidental de la Méditerranée, constituait un choix stratégique qui contribua, à moyen terme, à offrir aux Romains la domination sans partage de cette mer intérieure, « mare nostrum », comme ils pourront bientôt l’appeler. On y trouve les germes d’un empire qui durera, à partir de là, encore un bon demi-millénaire.
En comparaison, les menaces et les injures dont le président Trump abreuve les dirigeants iraniens sont le signe de sa nullité rhétorique et de son caractère velléitaire. D’une part, n’est pas Caton qui veut. « Ouvrez le putain de détroit, espèce de tarés, ou vous vivrez en enfer — VOUS ALLEZ VOIR ! » est digne d’une rhétorique de cour d’école et fait pâle figure à côté de l’éloquence de ce sénateur romain de l’Antiquité. D’autre part, le........