Quelques jours ne seront pas suffisants pour prendre une décision éclairée à Pessamit
Je suis issue des familles Kanapé et Fontaine de la communauté de Pessamit. Mes deux grands-pères, Joseph-Jacques Fontaine et André Kanapé, étaient des chasseurs-trappeurs aguerris. J’ai eu la chance de passer mon enfance à leurs côtés et de vivre des campements collectifs en territoire, la chasse au collet et la pêche. J’ai pu être nourrie de viande de bois toute mon enfance.
Mon grand-père Fontaine m’a beaucoup enseigné par l’exemple, à savoir comment préserver notre culture et notre spiritualité ancestrales, préserver nos rites traditionnels les plus anciens, protéger notre langue maternelle et, surtout, aimer profondément le territoire et honorer les ancêtres en l’occupant et en le parcourant le plus longtemps possible.
Jeudi dernier, les citoyens de ma communauté, Pessamit, ont été informés de l’existence d’un projet d’entente avec Hydro-Québec et le gouvernement du Québec, dit « Aishkat », s’étendant sur 50 ans. Le lendemain, la tenue d’un référendum à ce sujet est annoncée pour ce dimanche 12 juillet. Non seulement nous venons d’apprendre que nous devons voter sur une entente aux répercussions existentielles tenant sur 42 pages de jargon d’avocats, mais nous avons soudain la responsabilité de prendre une décision éclairée sur un projet monstre. Le tout, en moins de dix jours.
On nous assure être « enfin » dédommagés pour les « dommages du passé » sur l’ensemble de notre territoire ancestral, qui compte 16 barrages hydroélectriques et 13 centrales bâtis sans consentement ni compensation. On nous assure non seulement de recevoir ce qui ressemble à des redevances d’Hydro-Québec sur quatre de leurs projets futurs,........
