Quand le riche se montre pauvre |
Être riche n’est pas en soi un défaut, mais quand un riche comme François Lambert invite les solidaires de ce monde à fermer leur gueule parce qu’ils réclament davantage de justice sociale, il ne parle déjà plus comme un entrepreneur. Il parle comme un homme persuadé que sa réussite lui donne un droit moral supplémentaire sur la parole publique. Et c’est peut-être ça, le vrai danger de certaines fortunes. À force d’entendre des applaudissements, certains finissent par croire que leur voix vaut plus que celle des autres.
Dans son texte « À tous les Québec solidaire de ce monde… vos yeules », François Lambert tente de faire passer une leçon d’économie pour une démonstration de lucidité. Mais sous les chiffres imaginaires, les phrases musclées et les points d’exclamation, on entend surtout une immense fragilité. Celle d’un homme incapable de supporter qu’on remette en question le pouvoir des riches sans le vivre comme une attaque personnelle.
Enfin, personne n’a dit que tous les entrepreneurs boivent du champagne le vendredi soir. D’ailleurs, merci à François Lambert pour cette information capitale. Le Québec dormait mal depuis des années à se demander ce qu’il buvait la fin de semaine. Nous voilà rassurés. Il boit peu d’alcool. L’équilibre budgétaire est sauvé.
Et ce passage est fascinant. « Même si quelqu’un avait 100 millions dans son compte, il ne l’a pas volé. » Voilà donc le niveau du débat. Comme si le seul problème moral possible avec l’accumulation extrême de richesse était le vol. Comme si entre voler une banque et posséder une fortune colossale dans une société où des travailleurs dorment dans leur voiture, il n’existait........