Idées | Dix féminicides en cinq mois, et le Québec refuse toujours de nommer le crime |
Le 6 mai, Shannon Jean Hickey est morte à Gatineau. La semaine suivante, le gouvernement y a répondu. Ce n’est pas assez.
Le 6 mai 2026, Shannon Jean Hickey est devenue la dixième femme assassinée au Québec cette année. Elle avait 30 ans. Son conjoint l’a tuée avant de se donner la mort. Dix femmes en cinq mois. Le Québec a atteint sa moyenne annuelle de morts conjugales en un peu plus de quatre mois.
Le 13 mai dernier, le gouvernement a déposé son projet de loi 4, la « loi Gabie Renaud ». Cette loi permettra de demander à la police si son partenaire a des antécédents de violence conjugale. C’est une avancée. Mais ce n’est pas une prévention. C’est un pansement sur une plaie que le système refuse de suturer.
Gabie Renaud avait 43 ans. Elle est morte en septembre 2025 à Saint-Jérôme. Son meurtrier avait été arrêté près de 30 fois. Condamné 6 fois pour violence conjugale. Il avait enfreint ses conditions de probation 15 fois. Personne ne le lui avait dit. Ni à elle, ni à sa famille, ni aux maisons d’hébergement. La loi porte son nom. Elle permettrait d’éviter ça.
Mais cette loi ne peut pas tout. Elle ne criminalise pas le contrôle coercitif. Elle ne peut pas. Le droit criminel est fédéral. À Ottawa, le projet de loi C-332, qui visait justement à criminaliser le contrôle coercitif, a été adopté à l’unanimité. Puis il est........