Un trait de lucidité

Le premier ministre Legault avait beau jurer qu’il serait toujours là aux prochaines élections, le doute persistait. Qui veut aller à l’abattoir ? Il était difficile de le croire quand il disait avoir hâte à la prochaine campagne électorale. Il avait semblé trouver celle de 2022 si pénible que vouloir renouveler l’expérience dans des conditions aussi défavorables semblait relever du masochisme.

L’opération de relance de son gouvernement au début de l’automne dernier n’avait donné aucun résultat. L’échec du bras de fer avec les médecins, qui s’est conclu par le départ dramatique de Christian Dubé, aura sans doute été le proverbial clou dans le cercueil.

Il faut reconnaître à M. Legault la lucidité d’avoir réalisé, bien qu’un peu tardivement, que sa présence aux élections d’octobre prochain aurait non seulement constitué un fardeau pour son parti, mais qu’elle aurait aussi occulté les véritables défis auxquels fait face le Québec. Simplement mettre un premier ministre à la porte ne devait pas constituer le principal enjeu.

Il se sera lui-même épargné de devoir se transformer en défenseur du fédéralisme, après avoir fait la preuve qu’il demeure irréformable. Il n’avait pas tourné le dos à la souveraineté parce qu’il ne croyait pas à ses mérites, mais........

© Le Devoir