Parler d’inceste en algoridiome, est-ce modérer l’espace numérique ou prolonger le tabou?

Sur TikTok, Instagram ou YouTube, il devient courant de lire « inc3ste », « vi*l », « seggsuel », « VSS ». Ce sont là des mots codés, déformés, contournés. Ce langage codé — surnommé algospeak, ou algoridiome en français — naît d’une nécessité : contourner des algorithmes de modération de plus en plus intrusifs.

Ces algorithmes censés protéger les utilisateurs finissent par invisibiliser les récits les plus urgents. Des témoignages de victimes d’inceste sont par exemple alors à risque d’être supprimés ou rendus invisibles — « shadow bannis », pour parler le jargon des réseaux sociaux — parce qu’ils nomment explicitement des violences sexuelles sans détour sémantique.

Face aux critiques formulées dans la foulée de telles invisibilisations, les plateformes se défendent.

Meta affirme pouvoir distinguer les contenus violents de ceux qui sensibilisent. TikTok assure porter une attention particulière à la nuance. Dans la........

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