Ça en prend un pour en reconnaître un autre |
En 2020, on m’a annoncé que j’allais mourir d’un cancer incurable, un lymphome T non hodgkinien, qui m’emporterait vraisemblablement au cours des deux années suivantes. Cinq semaines plus tard, on m’informe qu’il y a eu erreur de diagnostic, et que le cancer qui m’accapare, bien qu’incurable, est beaucoup moins agressif que celui dépisté au départ, ce qui remonte considérablement mon espérance de vie à 25-30 ans.
J’ai fait un spectacle de cette expérience, Mathieu Barrette et les Saint-Thomas, présenté en octobre dernier au Théâtre du Bic, et mis en scène par Michel Faubert.
Au moment du premier diagnostic, j’avais déjà vécu des deuils d’importance, dont celui de mon père, à l’âge de 13 ans. Faussement, à travers la rémission de ce traumatisme, je croyais m’être outillé psychologiquement pour faire face à tout deuil à venir, même le mien. Bien évidemment, je crois que le départ de mon père m’avait permis de développer, à un jeune âge, une forme de conscience de la mort, d’acceptation de cette fatalité.
Mais durant ces cinq semaines où la mienne était imminente, il est devenu évident, à mes yeux éclaircis par la nature de l’expérience, que le deuil d’autrui est un tout autre sujet que celui du deuil de sa propre existence. Il........