Une maladresse géopolitique à la volée, pour Mark Carney

« Lors de conflits sérieux, il faut faire des choix », opinait le premier ministre canadien, Mark Carney, cette fin de semaine. Ce « choix », dans son cas, fut d’accorder dans les toutes premières heures son appui pur et simple à l’opération militaire israélo-américaine en Iran. Sans nuances ni appel à la retenue. Une pensée manichéenne fort simpliste à l’égard d’un déclenchement de conflit aux ricochets aussi multiples, après cette grande réflexion géopolitique livrée à peine un mois plus tôt à Davos. La spontanéité sied visiblement moins bien à Mark Carney.

Le sort du régime sanguinaire des mollahs, tyrannique contre sa population, ses femmes et ses dissidents, commanditaire de mouvements terroristes dans la région, n’ébranlera pas la communauté internationale. Pas plus que l’assassinat de son guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et le bombardement de ses codirigeants. Mais de là à soutenir sans bémol une guerre aux fondements fallacieux, aux objectifs incohérents et à l’issue plus qu’incertaine ?

Qu’il ait fallu trois jours au premier ministre Carney pour tempérer son soutien à cette opération militaire déclenchée par les États-Unis, de concert avec Israël, et mettant instantanément le feu à la poudrière du Moyen-Orient arrive un peu tard. Et que dire de son refus de s’expliquer tout ce temps auprès de la presse........

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