La gouvernance discrétionnaire
Mark Carney avait en fait peut-être affiché d’emblée ses couleurs démocratiques. « Je suis un pragmatique avant tout. Et quand je vois quelque chose qui ne marche pas, je le change », annonçait-il en prenant les rênes du Parti libéral du Canada, il y a un peu plus d’un an. De ses réformes discrétionnaires qu’il affectionne tant, par contre, il n’avait soufflé mot en campagne électorale. Voilà qu’aujourd’hui, pressé de nature et galvanisé par son immense popularité du moment, le premier ministre fédéral semble s’estimer digne d’un injustifiable chèque en blanc.
Le dernier en lice hausserait au même rang que la protection de la santé publique et de l’environnement la prise en compte de la « sécurité économique » ou de la « sécurité alimentaire » lors de l’homologation de pesticides. La ministre de la Santé aurait à en tenir compte dans ses décisions. Le conseil des ministres pourrait quant à lui outrepasser un verdict négatif de sa part s’il lui déplaît — et ce, même si le pesticide était interdit pour cause de risques environnementaux inacceptables — si le cabinet l’estime nécessaire « dans la lutte d’urgence contre une infestation gravement préjudiciable ». Le tout, en vertu de ces mêmes critères de sécurité économique ou alimentaire indéfinis et........
