Éditorial|La capitulation sans frontière Marie Vastel
Le stratagème n’a plus rien d’original : Donald Trump brandit chaque fois une menace exponentiellement démesurée afin de convier ses interlocuteurs à s’asseoir à la table de négociation les mains liées. La réplique conciliatrice de Mark Carney s’avère pour sa part de plus en plus prévisible. Le premier ministre vient cependant de franchir un nouveau cap, en proposant désormais de capituler jusqu’au-delà de son propre champ d’autorité.
Que Mark Carney ait fait le choix de céder à répétition aux demandes de Donald Trump, si déraisonnables furent-elles et sans obtenir quelconque gain en retour, était une chose. Une approche aussi décevante que préoccupante, mais qui était ultimement de son ressort… Que M. Carney s’apprête de surcroît à forcer ses homologues des provinces à baisser les bras à leur tour, en renonçant au boycottage pourtant si percutant de la vente d’alcool américain sur leurs tablettes, en est une tout autre. Une monnaie d’échange certes séduisante, tellement cette mesure horripile le gouvernement Trump, mais qui n’est certainement pas la sienne à brandir.
Dans l’espoir d’éviter d’ici mercredi prochain la toute dernière menace exorbitante de tarifs de 50 % sur des centaines de produits canadiens, et de voir peut-être les droits de douane affligeant les industries de l’aluminium, de l’acier et de........
